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Définition : à quel moment une personne âgée est-elle dénutrie ?

Pour la Haute autorité de santé (HAS) et la Fédération française de nutrition, une personne âgée dénutrie présente l’état d’un organisme en déséquilibre nutritionnel. Celui-ci est caractérisé par un bilan énergétique et/ou protéinique négatif. Plusieurs facteurs peuvent être à l’origine de la dénutrition : un déficit d’apport protéino-énergétique, une augmentation des dépenses énergétiques, ou une augmentation des pertes énergétiques et/ou protéiniques. La dénutrition peut avoir de graves conséquences : les données épidémiologiques montrent une surmortalité avec un IMC inférieur à 22 dans la population âgée.

Quels sont les symptômes de la dénutrition ?

Le diagnostic de la dénutrition chez la personne âgée n’est pas toujours facile. Le vieillissement s’accompagne d’une modification de la composition corporelle avec une diminution de la masse maigre et une augmentation de la masse grasse. Souvent la dénutrition est accompagnée d’une fatigue inhabituelle.

Une perte de poids, signe d’alerte majeur chez les sujets âgés

Dès qu’il y a un déséquilibre, soit parce que les apports sont diminués, que la personne a des troubles de l’appétit, ou du mal à manger, c’est un premier signe d’alerte. Une personne qui a une perte d’appétit diminue ses apports nutritionnels. Perdre 2-3 kg est un signe d’alerte. Quand la perte de poids est supérieure, le seuil de la dénutrition est atteint. Mais le but est, quand c’est possible, d’éviter d’arriver à cela et d’anticiper la perte de poids bien avant qu’elle atteigne le stade de dénutrition.

« Pour une personne jeune, quand elle perd du poids, cela signifie qu’elle fait plus de sport. Quand la personne est âgée, l’origine est souvent une maladie : un cancer ou une maladie chronique non stabilisée, une insuffisance rénale, cardiaque, des hospitalisations à répétition… Le meilleur reflet du déséquilibre c’est de se peser. Cette perte de poids est l’indicateur le plus précoce. Il est indispensable de bien interroger la personne sur son appétit et de savoir pourquoi elle mange moins », précise le gériatre Manuel Sanchez.

Une réduction de la force musculaire

Par ailleurs, la réduction de la force musculaire seule, fréquente dans la population âgée, peut être le signe de pathologies diverses (arthrose, maladie de Parkinson…), indépendamment du statut nutritionnel. Pour évaluer le statut nutritionnel, il est donc nécessaire d’associer à la diminution de la force une diminution de la masse musculaire chez les sujets âgés.

Prévention : à quoi faut-il être vigilant ?

La HAS recommande de se peser une fois par mois et à chaque consultation. « L’idée serait de mettre en place un dossier médical réellement partagé avec un historique de poids. Une autre méthode consiste à regarder les vêtements. C’est en effet une population qui ne refait pas sa garde-robe tous les quatre matins. Si on voit que la ceinture a été resserrée d’un ou deux crans, des vêtements amples, on peut se questionner. Un autre indicateur consiste à demander à la personne son poids de forme », explique Manuel Sanchez.

Traitement : comment guérir une dénutrition ?

Il faut être vigilant aux indicateurs d’une dénutrition de la personne âgée le plus précocement possible. Dès qu’un début de perte de poids ou de perte d’appétit est identifié, il ne faut pas attendre avant de voir comment améliorer les apports nutritionnels en terme d’énergie et de protéines, les personnes âgées ayant besoin d’une alimentation plus riche en protéines.

Augmenter l’apport en protéines pour lutter contre une dénutrition débutante

On peut mettre en place du renforcement de l’alimentation, comme ajouter de la crème fraîche ou du fromage râpés dans les potages. Si le problème est pris en charge rapidement, cela peut être suffisant. Bien évidemment les aliments les plus riches en protéines sont des aliments avec des protéines animales. Il faut aussi que tous les acides aminés essentiels soient représentés dans les aliments que mange la personne âgée.

Des compléments alimentaires pour combler les besoins nutritionnels

Mais dans une phase de dénutrition sévère chez la personne âgée, ce n’est pas suffisant. Il faut, en plus, administrer des compléments nutritionnels oraux, des boissons, des biscuits… Élaborés par les industriels, ils sont calibrés pour contenir les vitamines, oligo-éléments et une densité d’énergie extrêmement importante dans un volume donné. C’est un complément très riche en calories et protéines qui peut être pris généralement deux fois par jour pour augmenter les apports nutritionnels.

La nutrition artificielle en cas de dénutrition sévère

Si cela ne marche pas, ou si la dénutrition est très sévère, on utilise des techniques de nutrition artificielle, qui apporte des solutions nutritives sans effort pour le patient. Il s’agit soit de nutrition entérale (alimentation directement dans l’estomac), soit de nutrition parentérale, par voie veineuse centrale, qui doit être réalisée à l’hôpital.

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