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Ça peut rappeler des mauvais souvenirs. Alors qu’il est au large des Îles Canaries, un bateau de croisière a vu nombre de ses passagers contraints au confinement pour éviter la propagation d’une infection. C’est du moins ce que rapporte la BBC (source 1) : le navire P & O Cruises Ventura a quitté le port de Southampton le 11 mai, pour une croisière de deux semaines autour des Îles Canaries. Mais suite à d’importants “symptômes gastro-intestinaux” subis par des passagers, la compagnie a déclaré qu’elle avait amélioré les protocoles sanitaires du bateau. Une nouvelle désinfection de grande ampleur, “renforcée et étendue”, aurait eu lieu ce vendredi 17 mai, alors que le bateau était amarré dans le port de Tenerife.

Un porte-parole de la compagnie P & O a déclaré que les laveries à bord avaient été fermées et que les passagers n’étaient pas autorisés à se servir aux buffets, mais a assuré que le navire n’était pas “verrouillé”. Un “large éventail de protocoles approuvés” a été mis en œuvre, a-t-il précisé, y compris “un assainissement constant et amélioré” par des équipes spécialisées et “l’isolement des personnes concernées”, sans en préciser le nombre.

Si la BBC ne s’avance pas sur le nombre de personnes atteintes par cette épidémie de gastro-entérite, la presse britannique avance le chiffre d’au moins 150 personnes placées en quarantaine, et 250 cas suspects au total. Le bateau aurait par ailleurs une capacité de 3 078 passagers, et de 1 205 membres d’équipage.

Une promiscuité favorable aux épidémies de gastro

Toujours selon divers médias britanniques, des passagers auraient été pris de violents vomissements dans les parties communes du navire, et un norovirus serait en cause. De quoi présumer d’une épidémie de gastro-entérite aiguë à bord du bateau de croisière, un phénomène qui n’est pas rare étant donné la promiscuité de ce genre de lieu, et la haute transmissibilité de cette famille de virus.

Rappelons que les virus, bactéries et autres parasites responsables de la gastro-entérite se transmettent via :

  • un contact direct entre une personne et une autre déjà malade ;
  • des aliments contaminés par une personne malade (pâtisseries, viande hachée, plats cuisinés, coquillages, produits laitiers non pasteurisés…) ou de l’eau souillée (toxi-infection alimentaire) ;
  • un contact avec des objets sur lesquels se sont déposées de fines particules de selles de personnes malades.

La gastro-entérite est ainsi “favorisée par la vie en collectivité et la restauration collective, ce qui explique la survenue d’importantes épidémies de gastro-entérites surtout virales”, précise l’Assurance maladie dans son article dédié (source 2).

En France métropolitaine, une épidémie de gastro-entérite due à des norovirus avait notamment eu lieu à l’hiver 2023-2024, du fait d’huîtres contaminées, engendrant une hausse des hospitalisations pour ce motif. Une épidémie qui avait d’ailleurs engendré la suspension de la vente d’huîtres sur plusieurs sites du littoral, notamment en provenance du bassin d’Arcachon et de Loire-Atlantique.

En dehors d’une surveillance accrue des produits de la mer susceptibles de contenir ces norovirus, laquelle incombe aux autorités, la prévention des gastro-entérites repose sur des règles d’hygiène usuelles : lavage des mains régulier et minutieux, au sortir des toilettes mais aussi avant la préparation et la prise des repas.

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