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Nos voisins d’Outre-Atlantique s’intéressent de plus en plus aux méfaits pour l’air intérieur, et donc pour notre santé, de la cuisine au gaz. En témoigne cette nouvelle étude, parue le 3 mai 2024 dans la revue Science Advances (source 1).

Celle-ci révèle que les ménages américains équipés d’une cuisinière à gaz respirent régulièrement des niveaux trop élevés de dioxyde d’azote. “Je ne m’attendais pas à voir des concentrations de polluants dépasser les normes de santé dans les chambres dans l’heure qui suit l’utilisation d’une cuisinière à gaz, et y rester pendant des heures après que la cuisinière soit éteinte”, a déclaré Rob Jackson, coauteur de l’étude, dans un communiqué (source 2).

D’après les résultats de l’étude, la cuisson au gaz ne serait pas problématique que pour la personne qui cuisine, mais bien pour toute la famille. Des niveaux élevés de NO2, ou dioxyde d’azote, intensifieraient les crises d’asthme et ont été associés au ralentissement du développement pulmonaire chez l’enfant, et à des décès prématurés, rapportent les chercheurs. Ces derniers estiment même que le mélange de polluants provenant de cuisinières à gaz pourrait être responsable de 200 000 cas d’asthme aux États-Unis.

Les scientifiques ont ici utilisé des capteurs pour mesurer les concentrations en NO2 au sein de plus de 100 foyers américains, dans des maisons de différentes tailles, configurations et modes de ventilation. Les concentrations ont été mesurées pendant et après l’utilisation de la gazinière. À l’aide de simulations, ils ont estimé le transport des polluants et l’exposition à ces polluants, pièce par pièce.

Aérer ou changer de mode de cuisson

Verdict : l’utilisation d’une cuisinière à gaz augmente d’exposition au NO2 d’environ 4 parties par milliard (ou ppb en anglais), en moyenne sur un an. Soit les trois quarts du niveau d’exposition que l’Organisation mondiale de la santé reconnaît comme dangereux dans l’air extérieur. Or, il y a bien d’autres voies d’exposition au dioxyde d’azote, dont le trafic automobile. Il est donc probable que les personnes cuisinant aux gaz dépassent les seuils d’exposition au NO2 considérés comme sans danger.

Pour réduire son exposition au NO2, à défaut de changer de mode de cuisson en passant à l’induction ou à la vitrocéramique, les chercheurs recommandent de bien ventiler la cuisine, et le domicile en général. Pour ce faire, il faut idéalement une hotte aspirante qui expulse l’air vicié à l’extérieur du bâtiment, et une ventilation générale (ventilation mécanique contrôlée etc.). À défaut, ouvrir les fenêtres durant et après la cuisson peut aider à limiter la pollution intérieure due à la cuisson au gaz.

En vidéo : D’où vient la pollution de l’air intérieur ?

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