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Qu’est-ce que la coqueluche ?

La coqueluche est une infection respiratoire très contagieuse due à deux bactéries du genre Bordetella : Bordetella pertussis et Bordetella parapertussis. Elle se manifeste principalement par des quintes de toux très intenses et un son à l’inspiration qui ressemble au « chant du coq ». D’où le nom de coqueluche. En France, si le nombre de cas a fortement diminué depuis l’introduction du vaccin, la bactérie continue de circuler au sein de la population.

Des complications mortelles possibles chez les nourrissons

La population la plus à risque ? Les nourrissons qui n’ont pas encore été vaccinés. « Plus de 90 % des décès par coqueluche surviennent chez les bébés de moins de six mois, confirme l’INSERM (source 1). La coqueluche reste en France la première cause de décès par infection bactérienne entre dix jours et deux mois de vie. Chez les nourrissons, la maladie peut en effet générer des complications mortelles : pneumonie, crises convulsives, encéphalite, détresse respiratoire, défaillance cardiaque, etc. ».

Une maladie en recrudescence en Europe, des foyers épidémiques en France

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, la coqueluche toucherait près de 40 millions de personnes par an dans le monde et serait à l’origine de 300 000 décès. Malgré une couverture vaccinale très élevée – de l’ordre de 97 à 99 % – et le pouvoir protecteur confirmé du vaccin, la coqueluche n’a pas été éliminée en France. Surtout, on assiste depuis plusieurs mois à une reprise de circulation de la bactérie en France hexagonale.

Ainsi, selon les données du réseau national de surveillance de la coqueluche (RENACOQ) publiées en avril 2024 : En France, depuis de début de l’année 2024, une vingtaine de cas groupés (ou clusters) ont été rapportés à Santé publique France dans 8 régions hexagonales versus 2 cas groupés dans une seule et même région (Ile-de-France) pour l’ensemble de l’année 2023 (source 1). Un foyer épidémique sévit notamment en Nouvelle-Aquitaine avec 51 clusters recensés dans cette région entre janvier et mi-mai 2024. Cette  recrudescence a conduit l’Agence Régionale de la Santé à recommander la mise à jour de la vaccination chez les personnes concernées et à systématiser un rappel chez la femme enceinte.

En dehors de nos frontières, l’Europe est actuellement touchée par une recrudescence de cas de coqueluche avec des épidémies importantes en Croatie, au Danemark ou au Royaume-Uni et des hausses significatives en Belgique, Espagne et Allemagne.

Mode de transmission : comment bébé attrape-t-il la coqueluche ?

Extrêmement contagieuse1 personne peut en contaminer 15 autres – la coqueluche se transmet principalement par voie aérienne lors de contacts rapprochés avec un malade.  Les nourrissons de moins de six mois sont le plus souvent contaminés par leurs propres parents ou leurs frères et sœurs.

La pathologie est surtout contagieuse dans sa phase d’incubation qui dure en moyenne une dizaine de jours et passe souvent inaperçue du fait de l’absence de symptômes. Sylvain Brisse, directeur du Centre national de référence (CNR) de la coqueluche et autres bordetelloses.

Selon Santé Publique France, « dans des contextes familiaux, des taux d’attaque de 90 % ont été observés chez des personnes non vaccinées. La contagiosité est maximale la première semaine. Elle diminue ensuite avec le temps pour être considérée comme nulle après 3 semaines d’évolution sans traitement antibiotique ou après 3 à 5 jours d’antibiothérapie selon l’antibiotique choisi » (source 2).

Quels sont les symptômes de la coqueluche chez le bébé ? Comment la diagnostiquer ?

Après la phase d’incubation, la coqueluche débute par des signes discrets d’infection des voies aériennessupérieures – un nez qui coule, des éternuements, une toux légère parfois un peu de fièvre – puis la toux s’installe et persiste dans le temps.

Ce n’est pas un hasard si en Chine et au Japon elle porte le nom de « toux des cent jours ». « Les quintes de toux – en particulier nocturnes – sont associées à une reprise inspiratoire difficile avec un son comparable au chant du coq, confirme Sylvain Brisse. Chez le nourrisson, la maladie peut rapidement provoquer une détresse respiratoire aiguë grave ».

Comment dépister la coqueluche ?

Outre les signes cliniques qui, au début de la maladie peuvent facilement être confondus avec un simple rhume – écoulement nasal, toux légère et fièvre discrète – un test PCR (écouvillonnage ou aspiration rhinopharyngée chez les bébés) permet de confirmer le diagnostic de la coqueluche.

Quel traitement pour les bébés infectés ?

Devant un diagnostic de la coqueluche, le médecin généraliste prescrira des antibiotiques de la famille des macrolides dans les trois premières semaines d’évolution de la maladie « C’est un traitement très efficace qui élimine la présence de la bactérie dans les sécrétions et diminue ainsi les risques de transmission, souligne le directeur de recherche de l’Institut Pasteur.

En général, une antibiothérapie est également préconisée en prophylaxie chez toutes les personnes de l’entourage proche du malade – même asymptomatiques et quel que soit leur âge – si celles-ci n’ont pas reçu de rappel vaccinal dans les cinq dernières années ».

La meilleure des préventions : la vaccination

Aujourd’hui, la meilleure des préventions contre la coqueluche reste la vaccination. « Dans les pays occidentaux, le vaccin à germes entiers a été progressivement abandonné au profit d’un vaccin acellulaire basé sur un ou plusieurs antigènes de la coqueluche, précise Sylvain Brisse. Très efficace, le vaccin à germes entiers avait l’inconvénient d’induire un certain nombre d’effets indésirables : fièvre, rougeur et gonflement au point d’injection, etc. C’est pourquoi une seconde génération de vaccins dits acellulaires a été développée. Si ces derniers sont mieux tolérés par les patients, leur durée de protection est en revanche moins importante (autour de 5 ans) et ils ne bloquent pas suffisamment la transmission de la bactérie entre individus ».

Vaccin contre la coqueluche chez le nourrisson : à quel âge ?

Depuis 2018, la vaccination est obligatoire pour tous les nourrissons nés et s’effectue à raison de deux injections à l’âge de deux mois (huit semaines) puis de quatre mois, suivies d’un premier rappel à l’âge de 11 mois. Un second rappel est recommandé à l’âge de 6 ans puis un troisième entre 11 et 13 ans.

Vaccination de la femme enceinte : quand la faire ?

La coqueluche étant une maladie extrêmement contagieuse et potentiellement grave chez le nourrisson,  il est fortement recommandé aux femmes qui nourrissent le projet d’avoir un enfant de vérifier leur protection vaccinale et de se faire vacciner avant la grossesse.

Si cette vaccination n’a pu être réalisée avant la grossesse, elle est désormais recommandée pendant le second trimestre de grossesse et intégrée dans le calendrier vaccinal. Cette vaccination de la femme enceinte est à réaliser de préférence entre les semaines 20 et 36 d’aménorrhée afin d’augmenter le transfert transplacentaire passif des anticorps maternels et d’assurer une protection optimale du nouveau-né.

Qu’est-ce que la stratégie de cocooning ?

Si la vaccination n’a pu être réalisée avant, ou pendant la grossesse et afin de protéger au maximum les nourrissons de moins de six mois pour qui la coqueluche peut se révéler très grave, depuis 2004, la France préconise la stratégie du cocooning. L’objectif est de s’assurer que l’entourage proche du bébé – fratrie, parents et tous les adultes qui sont en contact étroit avec le nourrisson : nounou, grands-parents, baby-sitter – est bien à jour de ses vaccinations. Dans le cas contraire, un rappel est préconisé.

« Cette stratégie vaccinale vise à établir une barrière autour du nourrisson durant ses 6 premiers mois, confie Sylvain Brisse. Mais, face à son succès assez limité, d’autres pays comme le Royaume-Uni ou la Belgique ont opté pour la vaccination systématique des femmes enceintes afin de protéger le nouveau-né par transfert direct des anticorps maternels ».

Vers un nouveau vaccin par voie nasale ?

Une équipe de recherche de l’Inserm, de l’Université de Lille, du CHU de Lille, du CNRS et de l’Institut Pasteur de Lille en partenariat avec ILiAD Biotechnologies, au sein du Centre d’infection et immunité de Lille développe un nouveau vaccin contre la coqueluche. Baptisé BPZE1, ce nouveau vaccin s’administre par voie nasale sous forme de suspension inhalée « reproduisant ainsi la voie naturelle d’infection et améliorant par conséquent la durée d’efficacité », précise Camille Locht, directeur de recherche à l’INSERM. Et d’ajouter : « Un des défis majeurs dans la mise au point de BPZE1 était de parvenir à améliorer la tolérance qui faisait défaut aux premiers vaccins. Après avoir identifié et décrit les gènes de toxicité responsables des effets pathologiques de la coqueluche, les chercheurs sont parvenus à modifier génétiquement la bactérie pour obtenir une souche dépourvue de toxicité à partir de laquelle ils ont conçu BPZE1 ».

En recourant à la bactérie entière mais génétiquement modifiée pour supprimer sa toxicité, les scientifiques espèrent pallier les défauts d’efficacité du vaccin actuel en induisant une réponse immunitaire durable et en bloquant la transmission bactérienne entre individus. Les nouveaux travaux parus dans The Lancet Infectious Diseases (source 4) présentant les résultats de phase 1 des essais cliniques de ce vaccin attestent une bonne tolérance et une réponse efficace chez l’adulte.

Quelles sont les complications chez le nourrisson ?

La coqueluche peut être extrêmement grave, voire mortelle chez le nourrisson. « L’hospitalisation est fortement recommandée chez les enfants de 0 à 3 mois pour mettre en place une surveillance cardiorespiratoire et un nursing adapté », confirme Santé Publique France (source 2). L’infection peut en effet entraîner des complications neurologiques et pulmonaires.

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