Spread the love


C’est un phénomène rare, mais qui fait toujours parler de lui dans la presse lorsqu’il survient, tant il est impressionnant.

Récemment, un Belge d’une quarantaine d’années a vu les poursuites judiciaires à son encontre levées ce lundi 22 avril, après qu’il a pu prouver qu’il souffrait du syndrome d’autobrasserie. L’homme avait en effet été arrêté au volant de son véhicule alors qu’il conduisait, semblait-il, en état d’ébriété. En réalité, si son alcoolémie était bel et bien supérieure aux limites autorisées, ça n’était pas du fait d’une consommation d’alcool.

L’homme s’est retrouvé devant le tribunal après que la police a arrêté son véhicule en avril 2022, et l’a contrôlé avec un alcootest affichant 0,91 milligramme d’alcool par litre d’air expiré. La limite légale en Belgique est de 0,22 milligramme par litre d’air expiré, ce qui correspond à un taux d’alcool de 0,5 gramme par litre de sang.

Trois médecins ont cependant permis à ce mis en cause de prouver son innocence devant la justice. L’homme est en fait atteint du syndrome d’autobrasserie, affection rare pour laquelle l’organisme, en l’occurrence le système digestif, produit naturellement de l’éthanol à partir d’aliments riches en glucides. Et ce sans boire une goutte d’alcool. Inculpé à tort à plusieurs reprises ces dernières années, l’homme a fini par consulter, de sorte que trois médecins ont permis de poser le diagnostic de syndrome d’autobrasserie, et l’ont fait valoir devant le tribunal. L’homme et son avocate attendent désormais la notification officielle de l’acquittement, le parquet disposant encore d’un mois pour faire appel de cette décision. L’homme suit désormais un régime pauvre en glucides pour éviter que de telles mésaventures ne se reproduisent.

Le microbiote comme seul responsable ?

Face à ces quelques dizaines de cas de syndrome d’autobrasserie, la communauté scientifique émet l’hypothèse d’un microbiote, ou flore intestinal, quelque peu déséquilibré, engendrant une fermentation alcoolique.

En effet, si la plupart d’entre nous ont des intestins qui produisent une infime quantité d’alcool lors de la digestion de féculents et autres aliments sucrés, certains individus auraient dans leur microbiote des bactéries ou levures susceptibles de produire une grande quantité d’éthanol. Résultat : une consommation élevée de certains glucides, comme du pain ou du riz, engendreraient chez eux un état d’ivresse.

Outre l’éviction de certains glucides, qui combat les symptômes de ce syndrome, les greffes fécales pourraient constituer un traitement curatif du syndrome d’autobrasserie, en rééquilibrant la flore intestinale. Mais cette piste prometteuse n’est encore qu’au stade expérimental.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *