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On a presque toutes et tous déjà entendu parler d’âgisme. Ce mot regroupe toutes les formes de discrimination, de ségrégation, de mépris fondées sur l’âge. Globalement, cela consiste, par exemple, à estimer qu’une personne n’est pas capable de faire une tâche parce qu’elle est trop âgée, ou considérer qu’elle ne devrait plus travailler, ou encore qu’elles sont un poids pour la société.

Le risque de ce type de comportement, au-delà de nuire aux personnes dites “âgées” et de leur faire du mal, est de créer chez elles un âgisme autodirigé. Dans un article d’opinion paru dans la revue spécialisée Trends in Cognitive Sciences (Source 1), une équipe de chercheurs et de chercheuses en psychologie exliquent ce concept.

À mesure que nous vieillissons, nous nous appuyons davantage sur les connaissances antérieures et les signaux de notre environnement pour guider nos sentiments, nos pensées et nos comportements”, explique ainsi le Pr Julie D. Henry, première auteure de l’étude. Résultat : “dans un monde qui dévalorise le vieillissement, ces changements cognitifs rendent plus difficile pour les personnes âgées la remise en question des croyances âgistes intériorisées, connues sous le nom d’âgisme autodirigé”.

L’âgisme autodirigé se présente donc comme le fait de douter de soi, de ses capacités, mais du fait de son âge. “Je suis trop vieux pour commencer à apprendre cette discipline/ce sport/cette nouvelle technologie”, “je suis trop vieille pour me faire de nouveaux amis”, “je n’arrive à rien tellement je suis vieux/vieille”, sont quelques-unes des pensées qui peuvent traverser l’esprit des personnes souffrant d’âgisme autodirigé. Les chercheurs soulignent que ce type d’âgisme dirigé vers soi peut aussi se traduire par une inquiétude : “si j’oublie de faire ceci ou cela, ils vont penser que c’est parce que je suis vieux”… 

Des pensées qui empêchent et inhibent

L’ennui, c’est que l’âgisme autodirigé empêche et nuit. Il freine l’ambition, il inhibe certains comportements, diminue la confiance en soi et l’estime de soi, et peut même isoler. Il serait même lié à une durée de vie plus courte, à une santé physique et mentale plus faible, à une récupération plus lente après un accident ou un handicap, et à un déclin cognitif accru.

S’il faut évidemment, à titre individuel, travailler sur ces pensées pour parvenir à les chasser et aller de l’avant, les auteurs de l’article estiment que c’est avant tout à la société de changer son regard sur la vieillesse.

Des interventions, telles que la création de plus d’opportunités d’interactions sociales positives entre les jeunes et les personnes âgées, sont nécessaires pour empêcher que des opinions négatives sur le vieillissement ne se développent en premier lieu”, écrivent-ils. Il s’agit donc avant tout de réduire l’âgisme ambiant, pour parvenir à réduire l’âgisme autodirigé.

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