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Yeux qui démangent, paupières gonflées, larmoiements… Certains d’entre-vous ont peut-être déjà ressenti ces signes désagréables en marchant dans la rue par une belle journée de printemps.

La conjonctivite allergique est une inflammation de la conjonctive provoquée par son exposition à des allergènes environnementaux. il peut s’agir des pollens présents dans l’environnement dès le début du printemps (dans ce cas la conjonctivite est associée à une rhinite allergique ou rhume des foins ) mais aussi les acariens, la poussière, les poils d’animaux domestiques… 

Pour rappel, la conjonctive est la muqueuse qui joint le globe de l’œil aux paupières. Son irritation provoque un grand nombre de symptômes désagréables comme des démangeaisons, une douleur à type de brûlure, un larmoiement et une congestion des vaisseaux sanguins présents dans la conjonctive. 

La conjonctivite allergique est une affection fréquente. Entre 15 et 20% de la population française souffrent de cette affection (source 1). Près de la moitié de la population souffrant d’allergie déclare présenter une conjonctivite allergique saisonnière ou per annuelle (source 2).La conjonctivite allergique touche aussi bien l’enfant que l’adulte des deux sexes. 

L’examen clinique peut suffire au diagnostic. Le traitement repose sur l’éviction de l’allergène (lorsque cela est possible), les antihistaminiques topiques, les antidégranulantsmastocytaires et parfois les corticoïdes. Lorsqu’un allergène a été identifié, le patient peut également faire une désensibilisation.

Quels sont les différents types d’allergie oculaire ? 

Il faut différencier 2 types de conjonctivite allergique : 

  • La conjonctivite allergique saisonnière souvent déclenchée par les pollens d’arbres, d’herbes ou de mauvaises herbes transportés par l’air. Elle connaît une recrudescence pendant le printemps, à la fin de l’été ou au début de l’automne et tend à disparaître pendant les mois d’hiver, ce qui correspond au cycle évolutif de la plante responsable. Elle est le plus souvent associée au rhume des foins. 
  • La conjonctivite allergique per annuelle ou permanente déclenchée par des allergènes présents toute l’année comme les acariens, les poussières ou encore les poils d’animaux. Nous parlons de conjonctivite atopique. 

La kératitoconjonctive allergique : une atteinte plus sévère

Certains patients présentent une atteinte plus sévère appelée kératoconjonctivite allergique. Elle correspond à l’inflammation conjointe de la conjonctive et de la cornée au niveau de l’œil liée à l’exposition à un allergène.

Enfin, il existe une forme proche de la kératoconjonctivite allergique appelée kératoconjonctive vernale et pour laquelle un terrain allergique est retrouvé dans près de 50% des cas. Elle touche principalement les enfants entre 5 et 15 ans (le plus souvent des garçons souvent atteints d’eczéma ou d’asthme). Il existe une forte association entre l’exposition solaire et la survenue des crises, si bien que la majorité des patients présente une symptomatologie entre les mois de mars et octobre. Il existe cependant des formes permanentes ou par annuelles.

Qu’est-ce qui provoque une conjonctivite allergique ?

La conjonctivite est le symptôme d’une allergie. Pour rappel, l’allergie est un dérèglement du système immunitaire qui correspond à une perte de la tolérance vis-à-vis de substances a priori inoffensives : les allergènes (en l’occurence aux allergènes aéroportés comme les pollens). Pour que l’allergie se déclenche, deux conditions sont nécessaires :

  • une prédisposition génétique (terrain atopique). Ainsi les personnes à risque de conjonctivite allergique sont celles qui ont des antécédents personnels ou familiaux d’allergie. 
  • une exposition répétée à l’allergène (sensibilisation à l’allergène). 

Ainsi dans 9 cas sur 10, les signes de la conjonctivite allergique sont provoqués par la production d’anticorps de type igE, dirigés contre la substance allergène. La maladie est souvent accompagnée d’autres manifestations allergiques : asthme, rhinite…

Conjonctivite atopique : une allergie aux allergènes aéroportés

Les allergènes responsables de la conjonctivite allergique sont ceux présents dans l’environnement comme : 

  • Les pollens d’herbacées, d’arbres, de graminées. Le premier facteur de déclenchement de la conjonctivite est dans la majorité des cas le début du printemps. 
  • Les acariens domestiques (dermatophagoïdes pteronissinus, dermatophagoïdes farinae) 
  • Les animaux domestiques (chat, chien, lapin, cheval, oiseau, hamster…)
  • Les insectes (blatte)
  • Les plantes vertes (ficus, palmier, poinsettia…)
  • Les champignons (aspergillus, alternia…). 

Comment reconnaître une conjonctivite allergique ?

Les symptômes de la conjonctivite allergique sont : 

  • des démangeaisons oculaires ;
  • une sensation de grains sable dans l’oeil ;  
  • une rougeur des yeux causée par la dilatation de minuscules vaisseaux sanguins dans l’œil ; 
  • une photosensibilité 
  • un gonflement de la paupière. Lorsque la paupière est inflammée, nous parlons de blépharoconjonctivite ; 
  • des paupières collées au réveil ; 
  • de petites protubérances dans la conjonctive (papilles), lorsqu’on retourne la paupière ;
  • un larmoiement ; 
  • des douleurs à type de brûlure (notamment si la personne se gratte beaucoup les yeux) ; 
  • des sécrétions filamenteuses

Le déclenchement de ces symptômes est concomitant à l’exposition à l’allergène en cause. Une rhinite allergique peut apparaître au même moment. Beaucoup de patients souffrent d’autres symptômes de maladies allergiques, comme l’ eczéma, la rhinite allergique ou l’ asthme.

On distingue des phases aiguës au cours desquelles ces symptômes sont intenses et des phases chroniques au cours desquelles les manifestations sont plus discrètes. 

Attention, ces signes doivent pousser à consulter un médecin. En effet, les conjonctivites allergiques peuvent se compliquer en créant une inflammation au niveau de la cornée appelée une kératite. On parle alors de kérato-conjonctivite  pour préciser que cette inflammation est l’évolution d’une conjonctivite.

Comment peut-on prévenir la conjonctivite allergique ?

Il n’est pas possible de prévenir le déclenchement de la conjonctivie allergique puisqu’elle est liée à l’exposition à des allergènes environnementaux aéroportés (comme les pollens, les poussières…) et donc souvent inévitables. Toutefois, l’adoption de mesures peut contribuer à limiter le plus possible les contacts avec ces allergènes : 

  • Aérer la maison de préférence tôt le matin (la quantité de pollens est plus faible dans l’air).
  • Poser des filtres ou des toiles de protection anti-pollens au niveau des fenêtres et des portes de la maison, afin d’empêcher le passage de l’allergène.
  • Se laver ou rincer les cheveux le soir pour éviter les agressions nocturnes causées par le pollen sur l’oreiller et déposer les vêtements portés au cours de la journée à l’extérieur de la chambre.
  • Consulter les bulletins du Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA) pour connaître la répartition des pollens dans sa ville et prendre au bon moment les traitements.
  • Porter un masque lors du jardinage et, dans la mesure du possible, ne pas tondre la pelouse soi-même.
  • Ne pas faire sécher son linge dehors afin d’éviter que le pollen ne s’y dépose.
  • En voiture, rouler les fenêtres closes pour réduire les infiltrations de pollens à l’intérieur du véhicule et installer des filtres anti-pollens.
  • Préférer des vacances à la montagne plutôt qu’à la campagne car l’air y est plus frais et les pollens moins abondants. Le bord de mer est aussi une bonne alternative.
  •  Pour éviter les acariens : le lavage en machine à 60°C du linge de lit (notamment les draps, couettes et oreillers) est préconisé. Maintenez votre habitation au sec grâce à une ventilation adéquate. 
  • Chasser les poussières au moins une fois par semaine avec un matériel adapté (aspirateur, chiffons en microfibres à passer de haut en bas). 
  • Éviter les animaux domestiques et les plantes en cas d’allergie ; 
  • Nettoyer régulièrement les intérieurs et y chasser les insectes (au moyen d’insecticides à base de produits naturels) et les moisissures.

Enfin, il peut être recommandé de rincer ses yeux midi et soir avec du sérum physiologique afin de débarrasser l’œil de l’allergène

Comment savoir si on a une conjonctivite allergique ?

L’examen clinique par le médecin traitant ou l’ophtalmologiste est le plus souvent suffisant pour établir le diagnostic de conjonctivite. Cependant, dans certains cas qui l’exigent, plusieurs tests et examens peuvent être réalisés comme ; 

  • Des tests d’éosinophiles, un type de globules blancs déterminé ;
  • Des tests cutanés  face à un allergène déterminé.

Comment guérir une conjonctivite allergique ?

Habituellement, la conjonctivite allergique guérit rapidement et spontanément avec l’arrêt de l’exposition à l’allergène. Cependant, si cela n’est pas possible et que les signes ne disparaissent pas voire s’aggravent, le recours aux médicaments est inévitable. 

Soulager la conjonctivite allergique : quels médicaments ?

Lorsque les symptômes persistent, le médecin peut prescrire : 

  • Des collyres anti-allergiques (contenant de l’azélastine, cromoglicate, lévocabastine, etc). Ils sont efficaces contre les symptômes désagréables mais ils n’éliminent pas l’allergène. 
  • Un traitement anti-histaminique par voie orale
  • Des anti-inflammatoires non stéroïdiens AINS. 
  • Des antidégranulants mastocytaires
  • Des corticostéroïdes topiques ou cyclosporine pour les cas résistants. 

Parfois le traitement de fond de l’allergie au moyen d’une désensibilisation s’impose. 

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