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Très fréquent dans la population française, le ronflement survient chez près de 40 % des adultes de plus de cinquante ans. Une prévalence qui augmente avec l’âge et avec le sexe : les hommes sont plus nombreux à ronfler. Votre moitié ronfle et vos nuits sont un enfer ? Avant de faire chambre à part ou de déménager chez vos parents, sachez qu’il existe des solutions !

Ronflements : de quoi parle-t-on ?

Le ronflement est un bruit rauque, plus ou moins fort, produit par l’oropharynx pendant le sommeil. « C’est extrêmement fréquent, confirme d’emblée le Dr Frédéric Le Guillou, pneumologue. Cela peut toucher tout le monde, les enfants comme les adultes, et être associé au syndrome d’apnée du sommeil. » Et d’ajouter : « En revanche, un enfant qui ronfle ou qui respire la bouche ouverte, ce n’est pas normal. Il faut consulter son médecin traitant qui vérifiera s’il n’a pas les amygdales trop grosses, des végétations trop volumineuses ou une rhinite allergique. L’enfant qui ronfle va respirer la bouche ouverte pendant la nuit ce qui va être délétère sur la croissance de sa mâchoire et faire le lit d’un syndrome d’apnée du sommeil dans les années à venir.

Pourquoi ronfle-t-on ? Quel est le mécanisme ?

Le ronflement est lié au rétrécissement des voies respiratoires pendant le sommeil profond.

Lorsque l’on dort, les muscles de l’arrière-gorge, du voile du palais, de la luette et de la langue vont se relâcher et réduire le calibre des voies respiratoires. Dr Le Guillou, pneumologue.

Quelles sont les causes du ronflement ?

Plusieurs causes peuvent favoriser les ronflements : le surpoids, la consommation d’alcool le soir, une rhinite allergique, des amygdales trop grosses notamment chez l’enfant ou encore la prise de tranquillisants.

Comment faire pour ne pas ronfler la nuit ?

Certaines astuces, comme dormir sur le côté ou humidifier l’air de la chambre, suffisent parfois à diminuer les ronflements. Dans le cas contraire, il est conseillé de consulter un spécialiste afin de s’assurer que le ronflement ne s’accompagne pas d’un syndrome d’apnée du sommeil.

Dormir sur le côté

La position sur le dos favorisant le ronflement, privilégiez la position latérale (sur le côté) pour dormir. « Quand on dort sur le dos, la langue bascule en arrière et peut obstruer les voies aériennes, confirme le Dr Le Guillou. Certaines personnes ne ronflent que lorsqu’elles dorment sur le dos. Il existe des orthèses anti-décubitus dorsal qui évitent de se retourner dans son sommeil ou des méthodes un peu plus radicales comme coudre une balle de tennis dans le dos du tee-shirt ou de la veste de pyjama ! »

Humidifier l’air de la chambre

Enfin, un air sec, l’alcool ou encore la prise de certains médicaments assèchent les muqueuses et participent au ronflement. Afin de lutter contre ce désagrément, vous pouvez installer un humidificateur d’air dans la chambre.

Quel est le meilleur remède naturel anti-ronflement ?

Il n’existe aucun remède naturel, ni poudre de perlimpinpin pour arrêter de ronfler. « Il arrive à tout le monde de ronfler un peu, lorsque l’on a bu de l’alcool le soir, par exemple, précise le Dr Le Guillou. En revanche, lorsque le ronflement est chronique, qu’il se répète chaque nuit pendant plusieurs heures et qu’il s’accompagne de signes comme de la fatigue, une somnolence diurne, des difficultés de concentration ou encore d’une irritabilité, il est conseillé de consulter un spécialiste. Les remèdes de grand-mère ne fonctionnent pas ! En cas d’apnée du sommeil, un traitement par ventilation en pression positive continue (PPC) ou une orthèse d’avancée mandibulaire permettra en revanche de solutionner le problème. » 

Les machines à PPC envoient de l’air en continu – via un masque nasal – et maintiennent ainsi les voies aériennes supérieures ouvertes pendant le sommeil. Et le spécialiste d’ajouter : « La rééducation oro-maxillo-faciale avec un kinésithérapeute et/ou un orthophoniste peut également être mise en place afin de redonner du tonus à la langue. »

Quels sont les symptômes qui doivent pousser à consulter ?

Aujourd’hui, de nombreuses personnes qui souffrent d’un syndrome d’apnée du sommeil l’ignorent. Chez l’adulte, celui-ci se manifeste par des symptômes comme :

  • des réveils nocturnes pour aller uriner ;
  • des maux de tête au réveil ;
  • une somnolence dans la journée ;
  • de la fatigue ;
  • des difficultés de concentration, d’attention ou de mémorisation ;
  • une irritabilité, une mauvaise humeur ;
  • une baisse de la libido.

Qu’est-ce que le syndrome d’apnée du sommeil ? Comment est-il diagnostiqué ?

Le syndrome d’apnée obstructive du sommeil (SAOS) se caractérise par des épisodes d’obstruction des voies respiratoires dus au relâchement des muscles de l’arrière-gorge, du voile du palais et de la langue pendant le sommeil profond. « Même si le dormeur n’en a pas conscience, à la longue, ces micro-éveils répétitifs vont déstructurer son sommeil et avoir des répercussions sur sa santé », assure le Dr Le Guillou.

L’interrogatoire du patient ainsi que l’examen clinique permettront d’orienter le diagnostic. « Lors de la consultation, on pose plusieurs questions au patient : est-ce qu’il se lève la nuit pour uriner ? Est-ce qu’il est fatigué dans la journée ? Est-ce qu’il lui arrive d’avoir des sueurs nocturnes ? détaille le spécialiste. On l’interrogera aussi sur l’intensité du ronflement : la plupart du temps, c’est l’équivalent d’une tondeuse à gazon en marche et c’est extrêmement difficile à vivre pour le conjoint. Enfin, lors de l’examen clinique on vérifiera si des facteurs physiologiques favorisent le ronflement : un voile du palais long et recouvrant, une grosse langue, des polypes dans le nez…»

Si nécessaire, une polygraphie ventilatoire sera prescrite. « Cet examen indolore permet d’enregistrer la respiration au cours du sommeil, poursuit le pneumologue. Il nécessite la pose de capteurs au cabinet. Le patient rentre ensuite dormir chez lui afin de se rapprocher de ses conditions normales de sommeil. Par la suite, les données enregistrées seront analysées afin de confirmer ou d’infirmer un syndrome d’apnée. »

Quels sont les risques d’un syndrome d’apnée obstructive ?

Le syndrome d’apnée obstructive du sommeil augmente les risques de troubles cardiovasculaires. « C’est le plus gros facteur de risque connu, confirme le Dr Le Guillou. Il multiplie à lui seul par trois le risque d’infarctus, d’accident vasculaire cérébral et d’hypertension. Et d’autant plus s’il est associé à une obésité ou un diabète. L’apnée du sommeil est une bombe à retardement : on estime qu’environ 6 millions de patients souffrent d’apnée en France et seulement 1,6 million d’entre eux sont équipés de machines et 100 000 ont une orthèse d’avancée mandibulaire. C’est un vrai enjeu de santé publique ! »

Comment agir sur les facteurs favorisant le ronflement ?

S’il n’existe aucune solution miracle pour éviter de ronfler, l’adoption de mesures hygiéno-diététiques et la correction des facteurs favorisant le ronflement peuvent en revanche changer la donne. « En complément de la cure pondérale, la rééducation oro-maxillo-faciale réalisée par un professionnel de santé formé donne de bons résultats », insiste le Dr Le Guillou.

Perdre du poids

Le surpoids et l’obésité sont une des premières causes de ronflement chez l’adulte. Selon une étude publiée dans la Revue des maladies respiratoires, le risque d’apnée est faible avec une circonférence du cou inférieure à 37 cm et élevé s’il est supérieur à 48 cm (témoin d’une obésité centrale). « Près de 50 % de la population française est en surpoids et 25 % est obèse, rappelle le spécialiste. Or, la perte de poids est un des premiers traitements de l’apnée du sommeil. » Cela passe par l’adoption d’une bonne hygiène de vie : alimentation équilibrée et pratique régulière d’une activité physique.

Éviter de boire de l’alcool le soir

La consommation d’alcool le soir favorise les ronflements. « D’une part l’alcool induit un relâchement musculaire et d’autre part, il entraîne une sécheresse de la muqueuse qui favorise les ronflements », confirme le pneumologue.

Arrêter le tabac

Le tabac accroît également le risque de ronfler. La fumée de cigarette irrite en effet les muqueuses respiratoires et provoque une inflammation qui aggrave les ronflements.

Soigner une obstruction nasale

L’obstruction nasale peut être engendrée par une déformation anatomique (déviation de la cloison nasale), une irritation liée à la fumée de tabac ou encore une inflammation chronique (rhinite allergique). « Les études ont montré que la qualité de sommeil d’une personne souffrant de rhinite allergique était moins bonne que celle d’une personne souffrant d’un asthme modéré, affirme le Dr Le Guillou. En cas de ronflement, il faut toujours s’assurer qu’il ne s’agit pas d’une allergie. »

Limiter les somnifères

La prise de médicaments comme des relaxants musculaires, des anxiolytiques ou encore des benzodiazépines augmentent le risque de ronfler en entraînant à la fois un relâchement excessif des muscles du pharynx et une sécheresse des muqueuses.

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