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Avec environ 5200 nouveaux cas par an, le carcinome de l’ovaire est la huitième cause de cancer chez la femme en France et la première cause de décès par cancer gynécologique (hors cancer du sein).

Douleurs, inconfort abdominal : quels sont les premiers signes du cancer de l’ovaire ?

Longtemps silencieux, le cancer de l’ovaire est souvent diagnostiqué à un stade avancé. 

Des symptômes non spécifiques

« La symptomatologie est très frustre, confirme le Pr Vincent Lavoué, médecin gynécologue obstétricien au CHU de Rennes. Parfois les patientes consultent pour des troubles digestifs ou un inconfort abdominal depuis quelques mois.Mais les symptômes ne sont pas spécifiques et se manifestent le plus souvent à un stade avancé de la maladie. » Ces signes peuvent s’accompagner d’une altération de l’état de santé général, d’une perte d’appétit…

Cancer de l’ovaire : pourquoi n’existe-t-il pas de dépistage organisé comme le cancer du sein ?

« Les études sur le dépistage systématique reposant sur le dosage sanguin du marqueur tumoral CA 125 et l’échographie ont montré qu’il ne permettait pas d’empêcher le diagnostic à un stade évolué avec des cancers de l’ovaire qui se développent dans l’intervalle malgré un suivi tous les 6 mois et qu’il ne réduisait pas le taux de mortalité », explique le Pr Lavoué. Le suivi gynécologique reste recommandé tous les ans et il convient de consulter en cas de symptômes abdominaux inexpliqués.

En combien de temps se développe un cancer des ovaires ?

Un cancer de l’ovaire évolue généralement de façon assez rapide et s’étend sans bruit dans l’abdomen.

« Il arrive qu’on le découvre à un stade précoce, en palpant une masse au niveau de l’ovaire de façon fortuite lors d’un examen gynécologique ou d’imagerie. Mais, dans la plupart des cas, il est diagnostiqué à un stade avancé », affirme le spécialiste.

Diagnostic du cancer de l’ovaire : quels examens réaliser ?

Le diagnostic du cancer de l’ovaire repose principalement sur un bilan biologique et l’imagerie. « Il arrive, dans certaines formes de cancer limitées à l’ovaire qu’on découvre à la palpation une masse suspecte ovarienne, indique le Pr Lavoué. Dans ce cas, on réalisera une échographie pelvienne dans la foulée à la recherche d’anomalies. Mais, en général, la maladie est diagnostiquée d’emblée au stade de carcinose c’est-à-dire quand les cellules cancéreuses se sont diffusées au péritoine et qu’il existe déjà une ascite c’est-à-dire une accumulation de liquide dans l’abdomen. »

En cas de masse ovarienne visible à l’échographie, des examens complémentaires – le plus souvent une IRM – seront prescrits.

Bilan biologique : qu’est-ce que le marqueur CA 125 ?

Afin d’orienter le diagnostic, le médecin peut demander un bilan biologique (prise de sang) comprenant des marqueurs tumoraux, notamment le CA 125, le CA 19.9 et l’ACE. Le CA 125 (pour cancer antigen 125) est une protéine secrétée par la plupart des tumeurs ovariennes. « En face d’une masse isolée, si les marqueurs sont normaux, cela plaide plutôt pour une lésion bénigne ; au contraire s’ils sont anormaux, cela augmente la suspicion de malignité, précise le spécialiste. En revanche, devant une carcinose, on sait déjà qu’il y a un cancer. Les marqueurs vont plus nous orienter sur son origine : digestive ou ovarienne.»

Le marqueur CA 125 permet également de surveiller l’évolution du cancer et la réponse aux traitements.

Peut-on voir un cancer de l’ovaire avec une échographie pelvienne ?

Technique d’imagerie utilisant des ultrasons, c’est-à-dire des ondes sonores de haute fréquence, l’échographie est l’examen de première intention dans l’exploration d’une masse ou d’un kyste ovarien. Il est généralement réalisé par voie sus-pubienne (la sonde est placée au-dessus du pubis sur le bas-ventre) et par voie endovaginale (la sonde est introduite dans le vagin). « L’échographie permet de visualiser une éventuelle masse au niveau d’un ovaire (ou les deux) et d’en évaluer la taille, la forme et le contenu (solide ou liquide). Ces images orienteront le diagnostic vers un kyste ovarien bénin ou une tumeur potentiellement maligne d’autant plus si elles montrent la présence de signes indirects de malignité comme de l’ascite (liquide anormal présent dans la cavité abdominale) ou l’envahissement d’organes voisins (utérus, trompes de Fallope). » En complément, l’utilisation du doppler aidera le praticien à vérifier si la tumeur est très vascularisée. Et d’ajouter : « Face à une masse isolée, sans ascite, il arrive que l’échographie ne soit pas suffisante pour la caractériser. On aura alors recours à l’imagerie par résonance magnétique (IRM) en deuxième intention pour affiner le diagnostic. »

Echographie, scanner ou IRM : quel est l’intérêt de l’imagerie dans le diagnostic d’un cancer de l’ovaire ?

Bien que l’échographie reste l’examen de première intention pour détecter une anomalie, l’IRM et le scanner permettront ensuite d’évaluer avec plus de précision la lésion. « Devant une masse suspecte à l’échographie, on aura recours à l’IRM abdomino-pelvienne pour caractériser la tumeur tandis que devant une carcinose, on réalisera plutôt un scanner », détaille le spécialiste.

Si le diagnostic de cancer de l’ovaire est confirmé, un bilan d’extension reposant sur un bilan biologique et un scanner thoraco-abdomino-pelvien permettra d’évaluer l’extension locale de la tumeur et de détecter d’éventuelles métastases.

Quand réaliser une biopsie d’une tumeur de l’ovaire ?

Seule la biopsie permettra de confirmer la présence d’un cancer, son type histologique, son stade (avancée de la maladie) et son grade (degré d’agressivité). Si le bilan biologique et l’imagerie sont plutôt en faveur d’un masse bénigne, un contrôle sera proposé quelques mois plus tard. En revanche, si le diagnostic est incertain ou s’oriente vers un cancer, une coelioscopie dite exploratrice sera proposée à la patiente. Cette intervention chirurgicale réalisée sous anesthésie générale offre la possibilité au chirurgien de visualiser la cavité abdominale et de prélever le tissu suspect qui sera ensuite analysé par un laboratoire d’anatomopathologie. L’analyse confirmera ou infirmera la nature cancéreuse de la tumeur et recherchera la mutation des gènes BRCA (en cas de cancer). Si celle-ci est retrouvée, la patiente sera orientée vers une consultation d’oncogénétique. Les femmes porteuses d’une mutation BRCA1 ou BRCA2 ont en effet un risque plus élevé de développer un cancer du sein ou des ovaires.

Quel est le traitement du cancer de l’ovaire ?

Le traitement du cancer de l’ovaire est principalement chirurgical. « L’enjeu de la coelioscopie est d’effectuer un prélèvement afin de caractériser le cancer mais aussi de vérifier l’extension de la maladie dans l’abdomen et de savoir si la patiente est opérable d’emblée ou non, conclut le Pr Lavoué. Si l’on ne peut pas enlever toute la tumeur d’un coup et que le cancer s’est étendu à d’autres organes, une chimiothérapie sera proposée en première intention et on opérera après trois ou quatre cures. »

La chirurgie sera associée, si nécessaire, à de la chimiothérapie. Des thérapies ciblées, notamment les inhibiteurs de PARP, peuvent également compléter le traitement chez les patientes atteintes d’une mutation BRCA…

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