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Un tatouage lié à un souvenir qu’on aimerait oublier, fait sur un coup de tête ou qui aurait tout simplement mal vieilli peut donner envie de l’effacer. Contraignante et coûteuse, la technique est toutefois possible. voici ce qu’il faut savoir à son sujet.

Selon une étude Ifop de 2018, 29 % des moins de 35 ans sont tatoués. Alors qu’il était autrefois lié à la pratique religieuse ou l’appartenance à un groupe, le tatouage est clairement devenu un accessoire de mode.

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Les encres des tatouages présentent des risques

Aussi, « plus il y a de gens tatoués, plus la demande de détatouage est importante », explique le Dr Jordan Gendre, directeur médical de Ray Studios. Pour qui en vient à regretter son tatouage aujourd’hui, il est possible de l’effacer complètement, à condition de prendre son mal (parfois au propre comme au figuré) en patience.

Il arrive que le détatouage ne fonctionne pas de manière homogène. Dans certains cas, la peau se tache de cicatrices dépigmentées qui laissent apparaître la forme fantôme du tatouage effacé.

Les raisons qui poussent au détatouage

Le regret du choix :  « Si la moyenne d’âge des personnes faisant éliminer un tatouage tourne autour de 32 ans, on peut aussi croiser des personnes plus âgées qui ne sont plus en accord avec leur tatouage de jeunesse (dauphin, slogan… ) ou qui ne l’assument plus sur une peau ayant perdu de son élasticité »,détaille le Dr Gendre.

Il a mal vieilli : Comme il se trouve sur une matière vivante, un tatouage bouge avec le temps, surtout si on n’en prend pas soin (hydratation, protection solaire SPF 50 à chaque exposition… ) : il perd en intensité, il peut baver… On y pense moins, mais ce problème concerne aussi toute une population, surtout des femmes plus âgées, ayant eu recours au maquillage permanent (taches de rousseur, sourcils, liner ou contour des lèvres… ) et souhaitant faire éliminer des restes de pigments incrustés dans la peau, qui ont souvent très mal vieilli. Dans certains cas, il est possible de repigmenter un tatouage.

La vie a détruit mon tatouage : Il arrive que les aléas de l’existence aient des répercussions sur le corps, et notamment sur un tatouage : grossesse qui distend beaucoup la peau ou crée des vergetures, césarienne, opération ou accident générant une cicatrice… Dans certains cas, le tatouage étant altéré et pas toujours rattrapable par un pro, la seule possibilité est de l’effacer.

Les techniques pour effacer un tatouage

Le recouvrement : Dans le jargon des pros, on appelle ça le cover, ou covering. Cela consiste à recouvrir un tatouage dont on ne veut plus par un nouveau.

Comment ça fonctionne ? Selon la taille du tatouage d’origine et la quantité d’encre utilisée, il faudra peut-être réaliser un très gros tatouage pour le camoufler, ou passer par des séances de laser au préalable pour en diminuer l’intensité. En effet, tout le monde n’a pas envie de se retrouver avec un cover dont certaines parties sont totalement colorées d’encre pour masquer un tatouage antérieur.

Le laser détatouant : Différents lasers se sont succédé (le Q-switched nanoseconde, le PicoSure pro picoseconde, de Cynosure, le PicoWay…), avec des efficacités et sensations variables. La dernière génération – Discovery Pico – délivre des impulsions ultra courtes et deux fois plus élevées qu’un laser classique, s’adaptant au type de peau, à la profondeur et au pigment du tatouage, en évitant les risques d’hypopigmentation et l’atrophie cutanée.

Comment ça fonctionne ? « Ces lasers fragmentent très finement l’encre située dans le derme, de manière à ce qu’elle soit éliminée dans la circulation lymphatique »,explique le Dr Gendre.

À quoi s’attendre ? « Plus le tatouage est coloré et plus il sera long à effacer »,prévient le Dr Gendre. Le nombre de séances nécessaires – qui varie selon les zones traitées, le phototype et l’intensité du tatouage – est évalué lors de la première rencontre avec le médecin, qui étudie l’historique médical du patient et son tatouage. Chaque séance est espacée de deux mois environ et il est possible de commencer tout de suite, sans délai de réflexion obligatoire comme en médecine et chirurgie esthétique.

Comptez trois à cinq séances pour éliminer une dermopigmentation ou un microblending ; entre cinq et dix séances pour un tatouage, sachant que, bien souvent, le tarif est calculé en fonction de la taille de la zone.

Après la séance, « il est recommandé d’appliquer une crème cicatrisante pendant dix jours, de ne pas s’exposer au soleil, mais aussi d’éviter les baignades en piscine ou mer, le sauna ou hammam et la pratique d’un sport qui génère des frottements ou fait trop transpirer »,conseille le Dr Gendre.

Pour accélérer la cicatrisation, certains centres utilisent le Ray Spark, une technologie d’ondes acoustiques hydrauliques diminuant les réactions inflammatoires (cloques, saignements… ).

Le laser ablatif, ou retrait chirurgical : Ces techniques ne sont que très peu utilisées par les médecins, et pour cause : elles sont douloureuses, très coûteuses et leur risque cicatriciel est important.

L’une d’elles consiste à inciser la peau tatouée, puis à recoudre, laissant donc une petite marque. Il est aussi possible de réaliser une greffe de peau recouvrant le tatouage, mais créant un volume sur la peau. Enfin, le laser CO2 dit ablatif, dont la faible longueur d’onde (10 600 nm) atteint difficilement le derme, et touche au passage l’épiderme.

En d’autres termes, il élimine tant bien que mal l’encre sous la peau, mais, de surcroît, détruit également la peau, qui doit se reconstruire après coup !

Quelles sont les limites du détatouage ?

Tous les tatouages ne s’éliminent pas de la même manière. En effet, « plus le dessin est gros et coloré, plus l’opération sera compliquée ; le blanc, le violet et le jaune sont ainsi difficiles à éliminer », précise le Dr Bernard Sillam, fondateur des centres Lazeo. Il faut dire qu’avant la création de réglementations strictes au niveau français (mai 2013) et européen (janvier 2022), la législation était floue sur l’utilisation des encres, et le travail des médecins en matière de détatouage pouvait s’avérer particulièrement complexe. « Quand la peau est trop distendue, le travail de détatouage peut également être plus long », ajoute le Dr Gendre. Ce dernier conseille donc d’utiliser au préalable des lasers combinés afin de raffermir l’épiderme, puis d’effacer le tatouage par étapes.

Est-ce que le détatouage est douloureux ?

On dit du détatouage qu’il est douloureux.D’aucuns diront pire qu’une séance de tatouage elle-même. « Si la plupart des praticiens appliquent une crème anesthésiante et doublent le laser d’un jet d’air froid pulsé apaisant, d’autres privilégient le confort de leur patient, quitte à y passer plus de temps, et anesthésient la zone à la seringue », indique le Dr Sillam, fondateur des centres Lazeo.

Détatouage à l’acide : attention, danger !

« Ne vous laissez pas berner par les allégations alléchantes et mensongères des détatouages à l’acide lactique pratiqués en instituts de beauté ou vendus sur Internet », alerte le Dr Gendre.Cette technique est certes rapide et moins chère, mais elle peut entraîner des brûlures et séquelles irréversibles sur la peau.

Or, malgré des recommandations du Haut Conseil de santé publique dans un rapport de décembre 2020, la pratique est encore très en vogue. Le laser est d’ailleurs la seule technique reconnue par la Sécurité sociale.

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