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Le mécanisme complexe de cicatrisation peut être accéléré ou ralenti par différents facteurs. L’emplacement sur le corps, la génétique, la gravité de la blessure : tout rentre en compte. Même si la cicatrice va évoluer naturellement, certains réflexes peuvent vous aider à l’améliorer.

Cicatrice, cicatrisation : c’est quoi exactement ?

Une cicatrice est une marque laissée par une plaie après la guérison. Ce « tissu fibreux remplaçant à titre définitif ou très prolongé un tissu normal après une lésion », comme le définit le Larousse, est possible grâce au processus de cicatrisation.

La cicatrisation, c’est lorsqu’on doit réparer une ouverture de la barrière cutanée ou de la muqueuse. La barrière qui a été naturellement fournie pour notre corps a été endommagée ou carrément ouverte. Le corps va donc chercher à réparer cette ouverture, explique la Dre Catherine Gaucher, dermatologue.

« Afin de réparer l’ouverture, il faut à la fois refermer le trou qui s’est fait dans la barrière cutanée, mais également éviter les effets négatifs liés à ce point. Et comment faire pour réparer ? En fabriquant de nouvelles cellules », répond la Dre Gaucher. Après une blessure, une brûlure, une coupure, ou encore une intervention chirurgicale, la peau se reconstruit grâce à la régénération des cellules.

Comment se fait le processus de cicatrisation ?

« Pour fabriquer de nouvelles cellules, notre corps a besoin d’un milieu humide. Sur une cicatrice ouverte, le contact de l’air avec les tissus qui sont unis (suintement de la plaie) provoque un assèchement de la surface qui crée une croûte protectrice », explique la Dre Gaucher.

La croûte, pansement naturel de la peau

« Lorsque tout se passe bien, les cellules qui se fabriquent sous la croûte créent une autre petite fermeture et la croûte finit par tomber toute seule au bout d’un moment. Nous avons alors en dessous, une peau normale et sèche. La croûte est en quelque sorte le pansement naturel que le corps fabrique lorsque la plaie reste ouverte ».

Il est également possible de fermer artificiellement la plaie en la cousant (les points de suture).

Mais attention ! Une fois qu’on a fermé la plaie, ou que la croûte s’est formée, afin que la cicatrisation se passe bien, il faut que l’équilibre bactérien sous la peau soit suffisamment bien maintenu. « En temps normal, le système immunitaire tue les bactéries inutiles ou gênantes, et favorise la réaction de la cascade inflammatoire naturellement formée lorsque l’on veut fabriquer la cicatrisation », note la docteure. « L’inconvénient, c’est que le système immunitaire pas toujours en état de se défendre et d’éliminer les bactéries inutiles ou gênantes. Il peut alors y avoir une infection ».

C’est pourquoi, avant de refermer, une étape essentielle est le nettoyage de la plaie.

Comment nettoyer une plaie pour une bonne cicatrisation ?

« Le plus souvent, on conseille de demander à un professionnel de santé de faire ce que l’on appelle la ‘vérification’ : on vérifie qu’il n’y ait pas de cailloux, de morceaux de verre, de débris, etc. qui soient restés sous la peau. Si c’est le cas, et qu’on les enferme sous la plaie, cela va créer un abcès. On dispose aujourd’hui de petits instruments qui nous permettent d’examiner la plaie et de chercher s’il ne reste pas quelque chose à l’intérieur ».

Il est ensuite conseillé de nettoyer à grande eau ou au sérum physiologique.

Le plus sûr est de nettoyer avec du sérum physiologique. On n’utilise surtout pas d’alcool, qui coagule le sang ! Dre Catherine Gaucher, dermatologue

« Veillez à bien faire partir le sang séché, qui est un formidable bouillon de culture pour les bactéries », conseille-t-elle. « Une fois qu’on a nettoyé, on peut désinfecter avec un désinfectant (à privilégier par rapport à l’alcool). La plaie doit ensuite être soit fermée, soit protégée ».

Des pansements, une crème ou des points de suture selon le type de plaie

  • Soit une pommade, imperméable à l’air ou à l’eau, du type vaseline ou pommade cicatrisante qui contient de la vaseline ;
  • Soit un pansement spécial qui s’appelle le pansement hydrocolloïde et qui vient agir comme une petite éponge en absorbant le liquide de la plaie. « Le pansement hydrocolloïde contient un produit cicatrisant qui se mélange avec le liquide de la plaie et fabrique une sorte de crème naturelle. On le laisse pendant quelques jours, puis on l’enlève et on en remet un autre afin que la plaie soit complètement refermée. C’est ce que l’on appelle la cicatrisation dirigée », indique la Dre Gaucher ;
  • Sinon, ce sont les points de suture qui tiennent la cicatrice. « Dans ce cas, on demande aux personnes de limiter leurs mouvements sur la zone où se situe la plaie pendant 15 jours ».

Comment faire pour cicatriser une plaie rapidement ?

Immobiliser autant qu’on peut la zone de la plaie

Autre principe pour favoriser une bonne cicatrisation et avoir une « jolie » cicatrice : immobiliser la zone où se situe la plaie. « En effet, les cellules qui forment la cicatrice sont essentiellement des cellules et des fibres aux capacités élastiques. Lors du processus de cicatrisation, lorsque les nouvelles cellules viennent souder les bords et reconstruire le trou, il faudrait éviter le mouvement, au risque de ‘casser’ ces fibres et ces cellules, et de ralentir la cicatrisation », explique la Dre Gaucher.

Le risque de cicatrice hypertrophique

Si nous bougeons trop durant la cicatrisation, l’autre risque est la surproduction de nouvelles cellules, ce qui va créer une cicatrice hypertrophique. « Autrement dit, la cicatrice va gonfler », dit la dermatologue. « C’est souvent sur les parties du corps en mouvement que les cicatrices peuvent devenir ‘vilaines’. L’idéal est donc d’immobiliser la zone à chaque fois que l’on peut. Si par exemple vous avez une cicatrice sur la face antérieure du genou, le mieux serait de mettre une attelle pendant une à deux semaines ».

Lorsque la cicatrice est déjà fermée, il est possible d’utiliser des pansements siliconés : « ce sont des pansements transparents de silicone qui vont venir adhérer à la peau. On les applique en appuyant pour compresser la plaie, et on garde ce pansement jour et nuit, afin d’éviter que la plaie ne s’épaississe et ne devienne une cicatrice hypertrophique ».

Combien de temps dure la cicatrisation ?

La cicatrisation est un long processus. « S’il s’agit d’une plaie traumatique, cette dernière arrive à se refermer en 10 à 15 jours. La plupart du temps, une semaine est suffisante, mais cela dépend de la surface de la plaie. La cicatrisation de grosses plaies peut prendre plusieurs mois ». Et il faut souvent plusieurs mois voire plusieurs années selon le type de plaie, avant de pouvoir juger de l’aspect définitif d’une cicatrice.

Quels autres gestes pour aider à bien cicatriser ?

On masse et on protège du soleil

Une fois la plaie refermée, il faut prendre soin de sa cicatrice. Veillez à la protéger des rayons UV du soleil avec une crème solaire à indice élevé pour éviter l’hyperpigmentation. Et enfin, profitez-en pour masser régulièrement la cicatrice avec une huile ou une crème hydratante.

Attention, « le massage n’est intéressant que lorsque la plaie est cicatrisée ou fermée », prévient la Dre Gaucher. « On ne masse jamais une plaie qui est en train de cicatriser ».

On peut miser sur l’alimentation

« Grâce à l’alimentation, nous mettons dans notre corps tous les éléments dont la peau a besoin pour fabriquer les cellules et les éléments de cicatrisation », explique la Dre Gaucher. « On privilégie les aliments riches en vitamine A, B, C et D, mais également les protéines – qu’elles soient végétales ou animales – et certains oligoéléments que l’on trouve essentiellement dans les fruits et légumes », note la Dre Gaucher. « De nombreuses substances naturelles ont des vertus cicatrisantes comme le miel ou le sucre, par exemple, parce qu’elles contiennent justement ces éléments ».

Que faire si la cicatrice gratte ?

Certaines plaies peuvent démanger, même si dans la grande majorité, ce n’est pas le cas. « La plupart du temps, lorsqu’il y a une démangeaison, c’est qu’il y a un problème », avertit la dermatologue. « Soit c’est une infection, et dans ce cas-là, il est recommandé d’appliquer une pommade antibiotique, soit les points de suture ne sont pas encore enlevés alors qu’ils auraient dû l’être ».

Certaines personnes peuvent tout de même avoir des démangeaisons pendant la cicatrisation sans qu’il n’y ait de problème particulier, même si cela reste rare. Dans ce cas, essayez de résister. Gratter la plaie et, pire, arracher les croûtes qui se forment, risque d’abîmer les niveaux tissus qui se sont développés. Vous pouvez éventuellement demander une crème apaisante à votre pharmacien.

En cas de brûlure, passer immédiatement sous l’eau froide

« Il faut savoir qu’une brûlure est une plaie par coagulation des protéines », note la Dre Gaucher. « Si vous vous ébouillantez, la première chose à faire est de mettre la partie ébouillantée dans l’eau froide, avant même d’appeler quelqu’un, de nettoyer ou d’enlever ses vêtements, et de l’y laisser au moins 5 minutes. Le but étant de stopper la cuisson des protéines vers l’intérieur, à l’image d’un œuf à la coque que l’on passe sous l’eau froide après l’avoir sorti de l’eau chaude pour ralentir la cuisson et ne pas cuire le jaune (donc l’intérieur…) ».

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