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« C’est le geste le plus pratiqué dans le monde, toute chirurgie confondue, mais ce n’est pas une opération banale », insiste Antoine Faix, médecin urologue-andrologue. Voici ce qu’il faut savoir sur la circoncision.

Définition : qu’est-ce que la circoncision ou posthectomie ?

La circoncision, également appelée posthectomie par les urologues, est un acte chirurgical qui consiste à enlever totalement ou partiellement le prépuce, « autrement dit la peau qui recouvre le gland de la verge », explique le chirurgien.

Souvent pratiquée chez le bébé mais aussi chez l’adulte

Elle est souvent pratiquée pour des motifs culturels ou religieux dits « de convenance personnelle » dans la petite enfance ou avant la puberté. Mais elle peut également être réalisée pour raisons médicales (circoncision médicale), à tout âge de la vie adulte.

« Beaucoup d’informations circulent autour de cette opération », constate l’urologue. En fait, la conséquence principale d’une posthectomie, c’est que la peau du gland change de texture et s’épidermise : « Elle va changer légèrement de couleur et devenir plus épaisse », indique Antoine Faix.

Indications : à quoi sert la circoncision médicale ?

Elle peut être indiquée dans certaines malformations ou pathologies des organes génitaux masculins. Par exemple dans le cas d’« une impossibilité de décalotter, de douleurs au niveau du prépuce, de maladie de peau au niveau du prépuce qui occasionne une gêne importante, ou encore d’urétrite qui engendre des difficultés à uriner », précise l’urologue.

La posthectomie peut également être réalisée en cas de phimosis fonctionnel, cette affection du pénis qui fait que, lors de l’érection, le prépuce ne peut se rétracter facilement derrière le gland ou se rétracte de façon douloureuse. 

« Si l’on n’a pas de problème de décalottage au repos ou en érection, la circoncision n’est pas utile », indique le professionnel. À noter : il est normal qu’un petit garçon ne décalotte pas jusqu’à 2-3 ans. Les adhérences du prépuce se décollent au fil de temps. « Dans la plupart des cas, la situation se résout toute seule ». De son côté, la Société française de chirurgie pédiatrique (SFCP) recommande d’attendre l’âge de 6 à 7 ans avant une circoncision pour indication médicale. Sauf en cas de complications d’infections ou de douleurs, notamment lors de la miction.

Déroulement de l’opération : comment se faire circoncire ?

Dans le cadre médical, cette opération doit être réalisée par un chirurgien, idéalement un urologue. L’intervention consiste à couper une partie du prépuce, à libérer des adhérences entre le prépuce et le gland, puis à coudre la peau autour du gland. Des points de suture résorbables sont mis en place.

Cette intervention chirurgicale se déroule en ambulatoire, sous une courte anesthésie générale ou locale. Après s’être assuré de l’absence de complications locales et de la bonne récupération de l’anesthésie, on est autorisé à quitter l’hôpital dans l’après-midi. « On rentre chez soi quelques heures après l’opération, après avoir uriné, avec un pansement, et des consignes d’hygiène locale (application de pommade antiseptique par exemple) », résume l’expert.

Combien de temps pour cicatriser après la circoncision ?

Les points de suture sont résorbables et se résorbent tout seuls au bout de trois à quatre semaines, le temps de la cicatrisation. Les premiers jours suivant l’opération, il est conseillé de porter des vêtements amples pour éviter les frictions et risques d’irritation.

Combien temps dure la douleur après la circoncision ?

« Ce n’est pas une intervention très douloureuse » (sauf parfois lors des érections nocturnes), indique Antoine Faix qui souligne que « tant que la cicatrisation n’est pas terminée, il faut éviter les bains, le sauna ou le hammam, la baignade et les rapports sexuels ». Les douches sont possibles.

Quels sont les risques de complications de cette chirurgie ?

La perte de sensations ou de sensibilité au niveau du gland est en réalité une complication de l’opération, pas une conséquence. Cette perte de sensibilité peut être liée à une lésion au niveau des nerfs de la verge. « C’est assez rare, mais cela peut arriver », indique Antoine Faix pour qui la circoncision est un geste faussement banalisé.

Lorsque l’opération est pratiquée dans un environnement médical, « les complications sont de l’ordre de l’exceptionnel ». Les moins exceptionnelles étant un saignement ou un hématome. « Les infections, les lésions du canal urinaire ou la section accidentelle du gland sont des complications qu’on ne voit quasiment jamais en France, quand l’opération est pratiquée dans un environnement médical », conclut l’urologue.

La circoncision est-elle efficace contre les IST ?

Selon une croyance répandue, la circoncision empêcherait la prolifération de bactéries à l’origine de maladies d’infections sexuellement transmissibles (IST) au sein du prépuce. En effet, certaines études étrangères, notamment réalisées en Afrique du Sud, ont montré que les populations circoncises sont moins sujettes aux maladies sexuellement transmissibles (surtout au VIH). « Mais cela n’a jamais été prouvé en France, insiste l’urologue. En aucun la posthectomie ne doit se substituer au port du préservatif. Ce n’est pas une barrière efficace contre les IST ».

Et le chirurgien de rappeler : « La circoncision ne doit pas non plus être faite pour être plus propre. Une hygiène de base suffit à se protéger des infections. Il est donc important que les hommes décalottent et lavent la face interne du prépuce tous les jours puisque c’est là effectivement que peuvent se loger certaines bactéries ».

La circoncision a-t-elle des effets sur la sexualité ?

Quand cette intervention est réalisée à l’âge adulte, « il est possible que cela se ressente pendant la pénétration », note l’urologue. Dans les faits, il ne doit pas y avoir de conséquences négatives sur le plan sexuel. Au contraire, cette opération peut même soulager les rapports sexuels difficiles, douloureux, voire impossibles.

« Il n’est pas démontré que les sensations ressenties pendant les rapports sexuels sont modifiées, dans le bon ou le mauvais sens », indique le chirurgien. Un homme circoncis conserve une éjaculation normale. On peut penser que cette opération permet de faire durer les rapports sexuels, en raison d’une petite perte de sensibilité du gland. Cependant, « cette opération n’est en aucun cas une solution aux problèmes d’éjaculation précoce », rappelle l’expert.

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