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Le traitement du syndrome de l’intestin irritable, ou du côlon irritable, peut reposer sur diverses approches, médicamenteuses ou diététiques. Désireux de savoir laquelle est la plus efficace contre les symptômes, des chercheurs de l’Université de Göteborg, en Suède, ont mené une étude, dont les résultats ont été publiés ce 18 avril 2024 dans le Lancet Gastroenterology & Hepatology (Source 1).

L’étude a comparé trois approches thérapeutiques : deux approches diététiques, et une basée sur la prescription de médicaments contre les principaux symptômes du syndrome du côlon irritable ou SCI (diarrhée, constipation, ballonnements et gaz intestinaux…). Les 304 patients inclus dans l’étude, qui présentaient des symptômes de SCI modérés à sévères, ont été assignés au hasard à l’une des trois approches.

Dans le détail, le premier groupe a reçu à la fois des conseils généraux contre le SCI et des conseils pour suivre un régime pauvre en FODMAPs, ces sucres qui fermentent dans l’intestin, générant gaz, ballonnements et diarrhées. Ils ont donc limité voire supprimé leur consommation de produits à base de lactose, de légumineuses, d’oignons ou encore de céréales.

Le deuxième groupe a reçu des conseils diététiques pour suivre un régime pauvre en glucides et proportionnellement plus riche en protéines et en matières grasses.

Enfin, le troisième groupe s’est vu prescrire le meilleur médicament possible au vu du symptôme considéré comme le plus gênant pour les patients. La période de test a duré quatre semaines.

Plus de 7 patients sur 10 satisfaits

À l’issue de l’expérience, les chercheurs ont évalué la réponse des patients aux différentes approches, à l’aide d’une échelle de notation des symptômes spécialement conçue pour le syndrome du côlon irritable. Verdict : dans le groupe “sans FODMAPs”, 76 % des 96 participants ont présenté des symptômes considérablement réduits. Dans le groupe au régime pauvre en glucides, 71 % des 97 patients ont fait part du même constat, contre 58 % des 101 patients ayant reçu un médicament. Tous ont fait part d’une qualité de vie améliorée à l’issue des 4 semaines, ainsi que moins de symptômes d’anxiété et de dépression dus à leur pathologie.

Ce qui est d’autant plus remarquable, c’est que les bienfaits des changements diététiques ont visiblement persisté dans le temps. Alors que les participants des deux premiers groupes avaient partiellement repris leurs habitudes alimentaires, une grande proportion des patients présentait encore un soulagement cliniquement significatif de leurs symptômes (68 % dans le groupe faible en FODMAPs, et 60 % dans le groupe du régime pauvre en glucides).

Les chercheurs estiment que, si ces résultats doivent être consolidés par d’autres études, ils suggèrent que les interventions diététiques pourraient en soi être envisagées comme traitement initial, de première intention, en cas de syndrome du côlon irritable.

Nous avons besoin de plus de connaissances sur la meilleure façon de personnaliser le traitement du SCI à l’avenir et nous étudierons plus en détail s’il existe certains facteurs qui peuvent prédire si les individus répondront mieux aux différentes options de traitement”, a conclu Sanna Nybacka, première auteure de l’étude, chercheuse et diététicienne à l’Université de Göteborg, dans un communiqué (Source 2).

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