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Nos ongles peuvent en révéler beaucoup sur notre état de santé, et peut-être même plus que ce qu’on pensait jusqu’à présent. Des scientifiques américains des National Institutes of Health (NIH) ont récemment découvert qu’une certaine anomalie des ongles peut être le signe d’une maladie rare : le syndrome de prédisposition tumorale BAP1. Cette maladie héréditaire est caractérisée par « des mutations du gène BAP1, qui agit normalement comme suppresseur de tumeur », précisent les instituts américains de la santé dans un communiqué (source 1). Ce syndrome augmente ainsi le risque de développer un cancer dans de nombreux endroits du corps : la peau, les reins, les yeux, l’abdomen…

Un nouveau signe de la maladie héréditaire ?

L’anomalie des ongles en question est une tumeur bénigne rare appelée onychopapillome. Elle « provoque l’apparition d’une bande colorée (généralement blanche ou rouge) sur la longueur de l’ongle, ainsi qu’un épaississement de l’ongle sous-jacent au changement de couleur et un épaississement à l’extrémité de l’ongle. Elle n’affecte généralement qu’un seul ongle », d’après le communiqué. « Ce sont souvent les femmes touchées qui s’en rendent compte, parce qu’elles accrochent leurs collants à cause de la zone d’hyperkératose qui sort de l’ongle », précise la Dre Moulonguet. Face à ces symptômes au niveau de l’ongle, « il ne faut surtout pas s’inquiéter, c’est bénin », rappelle la spécialiste. « En général, quand il n’y a pas de douleur ni de gêne, on n’enlève pas les onychopapillomes », explique-t-elle.

Mais très rarement, ces onychopapillomes touchent plusieurs ongles. « C’est exceptionnel », confirme la Dre Moulonguet. Dans ce cas, ils représenteraient alors un nouveau signe du syndrome héréditaire. « Cette découverte est rarement observée dans la population générale, et nous pensons que la présence de modifications des ongles qui suggèrent des onychopapillomes sur plusieurs ongles devrait inciter à envisager un diagnostic de syndrome de prédisposition aux tumeurs BAP1 », a déclaré dans le communiqué le Dr Edward Cowen, chef des services de consultation en dermatologie à l’Institut national de l’arthrite et des maladies musculo-squelettiques et cutanées du NIH.

Je pense que maintenant quand on aura des onychopapillomes multiples on va se poser la question d’un syndrome de BAP. Dre Isabelle Moulonguet.

Une découverte inattendue

Les chercheurs ont fait cette découverte inattendue dans le cadre d’une étude menée auprès de 47 personnes atteintes du syndrome de prédisposition tumorale BAP1. « Interrogé sur la santé des ongles lors d’une évaluation génétique de base, un patient a signalé qu’il avait remarqué des changements subtils dans ses ongles. Son commentaire nous a incité à évaluer systématiquement les changements d’ongles des autres participants et à faire cette nouvelle découverte », a déclaré dans le communiqué la co-auteure principale Alexandra Lebensohn, du National Cancer Institute (NCI) du NIH. Les chercheurs se sont ainsi rendu compte qu’un « grand nombre de patients présentaient des modifications des ongles compatibles avec un onychopapillome », en particulier « chez les personnes âgées de 30 ans ou plus », rapportent-ils dans l’étude publiée ce 17 mai 2024 dans la revue JAMA Dermatology (source 2). Des anomalies des ongles ont ainsi été repérées chez près de 9 patients sur 10.

« Les résultats suggèrent que ce nouveau signe cutané peut faciliter la détection du syndrome(de prédisposition tumorale BAP1, ndlr) chez les membres de la famille qui sont à risque et chez les patients atteints de cancers associés à BAP1, étant donné que les onychopapillomes multiples sont rares dans la population générale », estiment les auteurs de l’étude. Des résultats « intéressants, qui méritent d’être confirmés », selon la Dre Moulonguet.

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