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Pour ce sujet, nous nous intéresserons à la capote, soit le préservatif externe masculin. Mais rappelons qu’il existe aussi le préservatif interne, connu comme étant le préservatif dit ”féminin” et la digue dentaire, encore très méconnue mais très utile pour protéger pendant le sexe oral.

Ajoutons aussi que la plupart des préservatifs dits “masculins” sont en latex mais qu’il existe toutefois d’autres alternatives de matériaux, en cas d’allergies notamment, comme le polyuréthane (plus mince, meilleure sensation) et d’autres en polyisoprène.  

Capote qui craque, se perce ou se déchire : pourquoi ?

Plusieurs facteurs peuvent expliquer qu’un préservatif dit aussi “capote” ou “cordon” s’endommage. En voici les principaux.

De mauvaises conditions de stockage

Oubliez le portefeuille pour garder votre préservatif à portée de main. “Il y a des risques que l’emballage s’abîme avec le frottement des pièces et l’ouverture/fermeture de l’étui”, détaille Corine Rodrigue. Exit aussi la boîte à gants ! “La chaleur et les différences de températures fragilisent le latex, le mieux est de les garder dans un endroit sec et loin de l’humidité tel qu’un tiroir de table de nuit.” Si vous partez en soirée ou avez prévu de faire l’amour dans un lieu insolite, vous pouvez bien sûr glisser votre protection dans une poche, pour quelques heures c’est sans risques.

Une taille de préservatif inadaptée

Un préservatif à la mauvaise taille représente un risque.

Il peut soit glisser soit se déchirer parce qu’il n’est pas ajusté adéquatement. Corine Rodrigue, sexothérapeute.

Des sites en ligne comme MySize peuvent aider à prendre les mesures justes afin de choisir le format qui vous convient : S, M, L, XL, XXL..

Un préservatif périmé

Pas question de ressortir sa vieille capote oubliée au fond du tiroir, car une capote périmée (durée de vie entre 3 et 5 ans) est potentiellement moins résistante. “Un préservatif périmé sera en effet plus fragile du fait qu’avec les années, la qualité du matériel se détériore”, explique la sexothérapeute. Périmé, le préservatif sera aussi moins lubrifié (même dans l’emballage, le lubrifiant peut sécher avant la date de péremption), ce qui va augmenter les risques de déchirure. Avec les risques de grossesse non désirée et de transmissions d’IST qui s’accompagnent.

Un manque de lubrifiant

Si la plupart des préservatifs sont déjà lubrifiés à l’intérieur, l’utilisation d’un lubrifiant complémentaire est conseillée “Ce dernier est très agréable à utiliser et il va permettre d’éviter les frottements et donc les risques de déchirement du préservatif”, recommande la sexothérapeute. ”Si vous utilisez des préservatifs en latex, les lubrifiants à base d’eau et de silicone sont de mise. Si vous utilisez des préservatifs en polyuréthane ou polyisoprène, vous pouvez utiliser tous les lubrifiants que vous voulez.”

Des objets pointus

“Dents, ongles, bagues, piercings, sex toys…peuvent percer involontairement le préservatif, au moment de le déballer de son emballage et pendant le rapport sexuel”, indique la sexothérapeute. Alors même si ça peut paraitre sexy…mieux vaudra éviter de déchirer la capote avec les dents.

L’importance de choisir un préservatif de qualité

Rappelons l’importance de choisir un préservatif de qualité. Le marquage “CE” est par exemple obligatoire pour tout préservatif commercialisé sur le marché européen. Avant d’acheter, vérifiez aussi les caractéristiques essentielles du préservatif (taille, présence ou non de latex en cas d’allergie, date de péremption…) qui peuvent influer sur l’efficacité finale du produit.

Soyez également vigilant sur les produits dits « fantaisie », distribués ou vendus à l’unité, à l’occasion de campagnes d’information ou dans certains évènements.

Enfin, pour ce type de produit, un prix bon marché n’est pas forcément signe de mauvaise qualité. Rappelons également qu’en France, depuis le 1er janvier 2023, certains préservatifs sont désormais pris en charge à 100 % sans ordonnance, pour les moins de 26 ans et sans minimum d’âge (source 1). 

Concernant le lieu de vente, les pharmacies, magasins spécialisés, grandes surfaces proposent un large choix mais internet reste le maillon fort niveau choix : micro perlé, nervuré, aromatisé, coloré, lubrifié, sans latex… Avant achat, veillez tout de même à vous renseigner sur la fiabilité du site.

S’entraîner pour éviter les risques

Cela peut paraitre primaire mais rien ne vaut l’entraînement. Répéter le geste avec tranquillité permettra d’éviter les risques de déchirure au moment venu. Ce geste, c’est justement : 

  • ouvrir l’emballage correctement,
  • trouver le bon sens par lequel on déroule la capote (petit test en soufflant légèrement sur le réservoir, il sera dans le bon sens si le préservatif ressemble à un petit sombrero).
  • Lorsque vous avez trouvé le bon sens, pincer le réservoir (pour éviter une bulle d’air),
  • et bien dérouler le préservatif jusqu’à la base de votre sexe,
  •  puis utiliser un lubrifiant” détaille Corine Rodrigue.

Elle poursuit : “Le pratiquer chez soi avec sa partenaire est un premier pas vers le partage de la charge mentale sexuelle.”

Comment savoir si le préservatif est déchiré avant usage ?

Inspecter visuellement l’emballage. S’il vous semble percé ou déchiré, ne vous posez pas la question : jetez-le à la poubelle et remplacez-le par un neuf. Concernant le préservatif en lui-même, il s’agit également d’en aspect son aspect dans son ensemble.

Est-ce qu’on sent quand la capote craque ou se déchire pendant la pénétration ?

Des sensations peuvent mettre la puce à l’oreille : “La personne aura l’impression d’une sorte de relâchement, moins de pression, un peu comme si le préservatif était d’un coup, devenu trop grand”, indique la sexothérapeute.

Côté partenaire sexuel·le, celui/celle-ci peut dans certains cas sentir un écoulement de sperme.” Pour déceler un risque de déchirure, il est donc conseillé de rester attentif et de vérifier de temps à autre l’état du préservatif notamment au moment de changer de position sexuelle.

Comment réagir si la capote craque ? Quels sont les risques et comment les minimiser ?

Les risques ne seront pas les mêmes selon le type de relation : “monogame exclusive“, à plusieurs partenaires, “coup d’un soir”…

Dans ce premier cas de figure, si la capote craque avant la période de pré-éjaculation ou d’éjaculation, la sexothérapeute préconise simplement de changer le préservatif et de poursuivre le rapport sexuel. Si en revanche, l’accident survient après, il sera conseillé d’aller en pharmacie pour demander une contraception d’urgence : la pilule du lendemain.

Dans le cadre d’une relation non exclusive ou avec plusieurs partenaires sexuels, l’usage du préservatif a alors un double usage : éviter une grossesse non désirée et se protéger des IST. “Le protocole reste toutefois le même que dans une relation dite “exclusive” : prendre la pilule du lendemain le plus rapidement possible et faire un test de dépistage durant les semaines qui suivent la rupture du préservatif afin de s’assurer qu’il n’y a pas eu de transmission.” Allez consulter son médecin traitant est également conseillé.

La Haute Autorité de santé rappelle dans un communiqué “que les IST bactériennes sont globalement en hausse, l’épidémie du VIH est encore très active et le retard au diagnostic persiste, notamment pour les personnes éloignées du système de santé et les populations migrantes (source 2).”

À titre informatif : la capote protège du VIH, des infections virales et bactériennes. La capote n’est pas juste recommandée pour la pénétration, le sexe oral (fellation) est aussi vecteur d’IST (infections sexuellement transmissibles).

Peut-on tomber enceinte avec un préservatif ?

Malgré l’efficacité démontrée scientifiquement sur le préservatif comme moyen de contraception : le risque zéro n’existe pas. Il est d’ailleurs conseillé de combiner le préservatif avec un autre mode de contraception : pilule, implant, stérilet, patch…

Que faire si l’autre refuse le préservatif ?

“Si une personne refuse de porter un préservatif, vous êtes en droit de refuser le rapport. Si une personne insiste pour enlever la capote jusqu’à ce que vous cédez, vous êtes déjà dans la violence sexuelle. Céder, ce n’est pas consentir. Concernant les personnes qui clament que les capotes “ça ne me fait pas”, ”je suis trop large” ou encore ”ça me fait mal”, vous pouvez tout simplement faire le test rigolo de dérouler la capote sur votre pied. Il existe plusieurs vidéos sur internet (condom challenge) prouvant que la capote est extrêmement extensible. Cette excuse ne tient tout simplement pas.” insiste Corine Rodrigue.

Ajoutons aussi qu’enlever le préservatif en douce (le “stealthing“) est dans certains pays, appréhendé comme un viol ou une agression sexuelle allant à l’encontre du principe de consentement, clé de voute de toute relation sexuelle. Une étude américaine a d’ailleurs permis de mettre en lumière des chiffres significatifs. Sur un panel de 503 femmes interrogées, âgées entre 21 à 30 ans, et présentant des caractéristiques de risque sexuel accrues, 12% ont été victimes de retrait non consenti de préservatif, au moins une fois dans leur vie (source 3).

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