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Le cancer du testicule représente 1 à 2 % des cancers masculins. Il touche principalement l’homme jeune entre 18 et 35 ans. La maladie est plutôt de bon pronostic. Selon la Fondation pour la recherche sur le cancer, en 2018, le nombre estimé de nouveaux cas de cancer du testicule était de 2769 et le nombre estimé de décès de 86.

Cancer du testicule : de quoi parle-t-on ?

Le cancer du testicule se caractérise par le développement de cellules cancéreuses dans les tissus d’un testicule (exceptionnellement dans les deux). Environ 95 % des cancers du testicule se développent à partir des cellules germinales.

On distingue deux types de tumeurs germinales :

  • les tumeurs séminomateuses appelées aussi séminomes qui représentent près de 60 % des cancers des testicules et concernent le plus souvent des hommes de 35 à 45 ans ;
  • les tumeurs non séminomateuses (environ 40 % des cancers testiculaires) qui concernent des hommes plus jeunes.

Palpation d’une masse : quels sont les premiers signes d’un cancer des testicules ? Quels sont les symptômes ?

Le cancer du testicule est principalement asymptomatique. « Il est souvent découvert par le patient lui-même qui va sentir à la palpation une petite masse dure et indolore ou de façon fortuite à l’occasion d’un examen réalisé pour des troubles de la fertilité ou un autre motif », explique le Pr Xavier Durand, chirurgien urologue.

Comment réaliser une autopalpation ?

Si le cancer du testicule est pris en charge précocement, les chances de guérison sont très élevées. Afin de le détecter tôt, il est conseillé aux adolescents et aux hommes jeunes d’effectuer régulièrement une autopalpation des testicules. Le moment idéal ? À la sortie de la douche car la chaleur de l’eau a détendu la peau des bourses, ce qui facilite le geste. La découverte d’une masse dure, absente lors des précédentes autopalpations, doit conduire à consulter un médecin.

Cancer du testicule : quels sont les facteurs de risque ?

Plusieurs facteurs de risque ont été identifiés dans le cancer du testicule parmi lesquels la cryptorchidie. « Près de 6 % des cancers du testicule ou tumeurs germinales surviennent chez les hommes ayant été atteints d’une cryptorchidie. Cette anomalie congénitale, qui affecte 1 à 3 % des nouveau-nés garçons, peut concerner un seul ou les deux testicules », affirme la Fondation pour la recherche sur le cancer.

D’autres facteurs sont également avancés, notamment :

  • l’atrophie testiculaire c’est-à-dire la diminution de taille d’un testicule ;
  • des antécédents familiaux : avoir un frère ou un père atteint par un cancer du testicule augmente le risque de développer la maladie ;
  • la consommation de cannabis ;
  • l’exposition fœtale au Distilbène, un médicament destiné initialement aux femmes rencontrant des difficultés à procréer.

Le syndrome de dysgénésie testiculaire, trouble du développement des testicules pouvant conduire à des malformations congénitales (cryptorchidies) chez le garçon, expose aussi à un risque accru de cancer du testicule et une mauvaise qualité du sperme à l’âge adulte.

Enfin, certains facteurs environnementaux, en particulier les perturbateurs endocriniens, pourraient également avoir un impact.

Marqueurs tumoraux, échographie : quels sont les examens qui aident au diagnostic ?

En cas de découverte d’une masse suspecte dans un testicule, le médecin généraliste demandera une échographie.

L’échographie couplée au doppler est vraiment l’examen de référence pour détecter des anomalies, confirme le Pr Durand. Selon une méta-analyse récente, 2,7 % des échographies scrotales retrouvent une tumeur du testicule. 

Dosage des marqueurs

En parallèle, la réalisation d’un bilan biologique (analyse de sang) comprenant le dosage des marqueurs tumoraux – notamment l’AFP (alpha-fœtoprotéine), la hCG totale (gonadotrophine chorionique humaine) et la LDH (lactate déshydrogénase) – permettra d’orienter le diagnostic. « Ces marqueurs ont un intérêt diagnostique et pronostique dans la mesure où ils permettent de réaliser une première classification de la tumeur, indique la Fondation pour la recherche sur le cancer. Dans la suite de la prise en charge, leur dosage permet de contrôler l’efficacité des traitements et de détecter une rechute. »

En cas de suspicion de cancer, un scanner thoraco-abdomino-pelvien sera réalisé afin de rechercher la présence éventuelle de métastases.

Pourquoi faire une échographie-doppler testiculaire ? Que peut-on visualiser lors de l’examen ?

Examen de première intention, l’échographie scrotale (ou testiculaire) bilatérale permet de visualiser la masse suspecte et d’en mesurer la taille. « L’imagerie nous renseigne sur la nature de la lésion (solide, kystique ou mixte), sa vascularisation grâce au doppler, ses contours, etc. La présence de grosses calcifications au sein de la tumeur, un aspect irrégulier et une forte vascularisation sont plutôt évocateurs d’un cancer, précise le Pr Xavier Durand. La taille est également fondamentale : au-delà du centimètre, il est rare que cela soit bénin. En revanche, plus la lésion sera homogène, d’une petite taille et bien limitée, plus cela plaidera en faveur d’une tumeur bénigne. »

Scanner, IRM, échographie : quel est l’intérêt de l’imagerie pour détecter un cancer du testicule ?

Si en première intention, l’échographie est incontournable pour caractériser une masse testiculaire et orienter le diagnostic, le scanner thoraco-abdomino-pelvien, lui, permettra dans un second temps, l’exploration des chaînes ganglionnaires et des organes de l’abdomen et du thorax à la recherche de métastases. « Le scanner s’est imposé comme l’examen de référence dans le bilan d’extension du cancer du testicule », confirme le spécialiste. Quant à l’IRM, elle peut avoir un intérêt pour caractériser les petites lésions testiculaires d’allure plutôt bénigne à l’échographie.

Tumeur du testicule : quel est le traitement ?

Le traitement est principalement chirurgical. « La prise en charge du cancer du testicule est un peu particulière puisque l’orchidectomie – c’est-à-dire l’ablation du testicule – est à la fois le dernier geste diagnostic et le premier geste thérapeutique, confie le Pr Xavier Durand. En effet, on ne fait pas de biopsie au préalable. C’est pourquoi l’examen échographique est indispensable. C’est lui qui va orienter le diagnostic. »

Par mesure de précaution, avant le début des traitements, l’équipe médicale propose de réaliser une conservation de sperme dans un centre spécialisé afin de préserver la fertilité. « On adresse le patient à un CECOS – Centre d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains – afin qu’il fasse un prélèvement de sperme qui sera ensuite congelé sous forme de paillettes », détaille le spécialiste.

Après l’intervention chirurgicale, l’examen anatomopathologique précisera la nature de la tumeur et son type histologique. En fonction du type et du stade du cancer, le traitement chirurgical pourra être complété, si nécessaire, par de la chimiothérapie voire de la radiothérapie.

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