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Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme, avec plus de 60 000 cas par an. S’il cause près de 12 000 décès par an, sa survie à cinq ans est aujourd’hui de 87%, et de 76% à 10 ans. « La rechute est un problème clinique majeur qui concerne 15 à 20% des femmes atteintes d’un cancer du sein », nous apprend l’Institut Curie. Les cancers du sein les plus à risque de rechute sont les cancers dits « triple négatif » avec environ 20 à 30% de rechute.

Mais des recherches qui viennent d’être présentées le 2 juin au Congrès annuel d’oncologie, aux Etats-Unis, montrent que l’on va pouvoir prédire le risque de récidive chez les patientes grâce à un test sanguin. Les essais de ce test, mis au point par les chercheurs de l’Institut de recherche sur le cancer de Londres, ont montré qu’il était possible de prédire le risque jusqu’à trois ans avant que la nouvelle tumeur ne soit visible sur la mammographie.

Un test qui repère l’ADN de la future tumeur dans le sang

Ce test ultra sensible détecte les traces de l’ADN de la tumeur. Les essais menés auprès de 78 femmes atteintes de différentes formes de cancer précoce, se sont révélés précis à 100 % pour prédire quelles patientes verraient leur cancer récidiver.

Les ADN tumoraux circulants ont été retrouvés chez 11 femmes, qui ont toutes vu leur cancer rechuter. Aucune des autres femmes n’a vu son cancer réapparaître.

Pourquoi est-ce qu’on rechute ?

Ces rechutes se font selon trois processus : d’abord une résistance des quelques cellules cancéreuses en raison d’un traitement initial insuffisant, puis une phase de dormance (quelques mois ou années pendant lesquelles elles restent là), puis l’expansion pendant laquelle les cellules persistantes montrent leur capacité à proliférer.

« Le risque de récidive et la sévérité de celle-ci dépend bien sûr aussi de la taille de la tumeur initiale, de l’atteinte des ganglions, des traitements… Mieux on est traité initialement, moins on a de risque de récidive », indique le Dr Paul Cottu, chef adjoint du département d’oncologie médicale de l’Institut Curie.

Quand arrive la rechute ?

La temporalité des rechutes est assez linéaire, avec entre 0,5 et 1% de rechutes par an. « Tous types de cancers confondus, on observe un pic de récidive locale ou d’apparition de métastases deux ans après les traitements », ajoute le spécialiste.

Néanmoins, le risque reste constant tout au long de la vie, et certaines femmes rechutent jusqu’à 25 ans après leurs premiers traitements.

Comment aider les femmes à éviter la rechute ?

Pour commencer, il convient d’éliminer les facteurs de risques connus que sont le tabac et l’alcool, et dans certains cas, lutter contre le surpoids. L’activité physique, dont les bénéfices ont maintes fois été prouvé pour une bonne santé et qui fait désormais partie du plan de traitement, aurait aussi un effet thérapeutique de réduction (24%) du risque de rechute pour les cancers du sein localisés.

Pour lutter contre l’appréhension du risque de récidive, les troubles anxieux et même dépressifs, l’Institut Curie recommande aussi des consultations de psycho-oncologie et approches complémentaires, comme de la relaxation, de l’auto-hypnose ou encore des séances d’EMDR.

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