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Et si la mammographie seule ne suffisait pas pour le dépistage du cancer du sein chez certaines femmes ?

Dans une nouvelle étude, parue le 12 juin 2023 dans la revue Cancer (Source 1), une équipe de recherche suggère la nécessité d’examens complémentaires pour dépister un cancer du sein chez les femmes dont les seins sont particulièrement denses.

En effet, un sein dense comporte beaucoup de tissu fibroglandulaire, qui apparaît blanc sur une mammographie (le gris et le noir représentant plutôt le tissu adipeux, ou graisseux). Ainsi, si avoir un tissu mammaire dense est normal et très commun, cela peut rendre plus difficile la recherche d’un éventuel cancer du sein via une mammographie, car une éventuelle lésion cancéreuse apparaîtra en blanc, tout comme le tissu fibroglandulaire. Ce qui est d’autant plus “embêtant” que le fait d’avoir des seins denses est un facteur de risque de cancer du sein (ce qui ne signifie pas que l’on en aura forcément un si on a des seins denses, simplement que le risque est augmenté).

Dans certains pays, les femmes ayant une forte densité mammaire se voient recommander ou proposer d’effectuer une échographie des seins en supplément, pour parfaire le dépistage.

Mieux cibler pour mieux dépister

L’équipe de scientifiques a ici évalué 825 360 mammographies de dépistage sans autre examen annexe, ainsi que 38 166 échographies supplémentaires, réalisées entre 2014 et 2020 dans 32 centres d’imagerie des États-Unis. En recoupant les données, les chercheurs ont constaté que 95,3 % des échographies réalisées en supplément concernaient des femmes dotées d’une forte densité mammaire. En comparaison, 41,8 % des mammographies seules (sans échographie en plus) étaient réalisées chez des femmes aux seins denses. Parmi les femmes aux seins denses, un risque élevé de cancer du sein invasif “de l’intervalle” (survenant entre deux mammographies) était présent chez 23,7 % des femmes ayant subi une échographie, contre 18,5 % des femmes ayant subi une mammographie sans imagerie supplémentaire.

De nombreuses femmes à faible risque de cancer du sein malgré des seins denses ont subi un dépistage par ultrasons (échographie, N.D.L.R.), tandis que de nombreuses autres femmes à haut risque de cancer du sein ont subi une mammographie seule sans dépistage supplémentaire”, regrette ainsi le Dr Brian Sprague, coauteur de l’étude, dans un communiqué (Source 2).

L’équipe estime qu’il serait bon de mieux identifier les femmes chez qui une échographie (en plus de la mammographie habituelle) serait de bon ton pour parfaire le dépistage du cancer du sein. Outre la densité mammaire, la présence d’autres facteurs de risque (antécédents personnels ou familiaux, gène de prédisposition…) doit être prise en compte, pour que le rapport bénéfices-risques d’une échographie supplémentaire soit positif.

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