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Environ 8200 cancers du foie sont diagnostiqués chaque année en France dont une grande majorité chez les hommes. Selon les chercheurs du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), la maladie – en constante progression – pourrait augmenter de plus de 55 % d’ici 2040. En cause ? Le nombre croissant de cirrhoses, en particulier la hausse de l’obésité et du diabète de type 2 dans la population, à côté de la persistance de causes plus classiques comme l’alcoolisme et les hépatites B ou C.

Qu’est-ce que le cancer du foie ?

On distingue deux types de cancer du foie :

  • le cancer du foie dit primitif qui a son origine dans le foie, mais peut secondairement gagner d’autres organes ;
  • le cancer du foie dit secondaire lié à une métastase d’un autre cancer (par exemple un cancer du sein, du poumon, du rein ou du côlon).

Hépatocarcimone : de quoi parle-t-on ?

Dans 85 % des cas, le cancer primitif du foie est un carcinome hépatocellulaire (ou hépatocarcinome) qui se développe à partir des cellules hépatocytes qui assurent les fonctions métaboliques du foie.

Ce type de cancer apparaît le plus souvent sur un foie malade : cirrhose ou atteinte chronique du foie (hépatite), précise le Pr Yves Menu, médecin radiologue.

Plus rarement, d’autres tumeurs peuvent se développer à partir des cellules des voies biliaires (cholangiocarcinome) ou des vaisseaux hépatiques (angiosarcome).

Douleur abdominale, nausées : quels sont les premiers symptômes d’un cancer du foie ?

Longtemps silencieux, le cancer du foie est souvent diagnostiqué à un stade avancé. « À l’exception des patients souffrant d’une maladie chronique du foie déjà diagnostiquée – cirrhose, hépatite B et C ou encore stéatohépatite non-alcoolique (NASH) – qui font l’objet d’un suivi régulier », indique le Pr Yves Menu.

Le cancer du foie peut se manifester par des symptômes comme :

  • une perte d’appétit ;
  • un amaigrissement important ;
  • des douleurs dans la partie supérieure droite de l’abdomen ;
  • des nausées ;
  • une masse à la palpation.

À un stade plus avancé encore, d’autres signes peuvent apparaître : ascite (accumulation de liquide dans l’abdomen), ictère (jaunisse au niveau de la peau et des yeux), etc.

En présence de ces symptômes évocateurs, le médecin vous prescrira une série d’examens : un bilan biologique, une échographie abdominale voire une imagerie par résonance magnétique (IRM) ou un scanner.

Quels sont les facteurs de risque de développer une tumeur du foie ?

La plupart des cancers primitifs du foie se développent à la suite d’une maladie chronique du foie : cirrhose alcoolique ou hépatite B ou C. « La stéatohépatite non-alcoolique ou NASH, une maladie du foie liée à un régime alimentaire trop riche en sucre et en graisse fait aujourd’hui également partie des principaux facteurs de risque de développer un cancer, ajoute le spécialiste. L’accumulation de graisse dans le foie va s’associer à une inflammation locale chronique, puis à une fibrose. »

Echographie, scanner, IRM : quels examens réaliser pour diagnostiquer un cancer du foie ?

Outre l’échographie en première intention, une IRM hépatique ainsi qu’un scanner peuvent être prescrits pour diagnostiquer un cancer du foie ou réaliser un bilan d’extension si la maladie est confirmée.

Pourquoi faire une échographie du foie ? Quelles sont les indications ?

Réalisée en première intention, l’échographie du foie permet de détecter certaines anomalies et d’orienter le diagnostic. « Ce n’est pas la méthode la plus sensible, ni la plus spécifique, mais elle est facile, peu coûteuse et rapide à réaliser, confirme le Pr Yves Menu. C’est vraiment un très bon examen d’orientation initiale. Si l’on repère une anomalie, par exemple un nodule, l’examen sera complété par un scanner ou une IRM afin de mieux caractériser la lésion et de différencier un cancer primaire du foie d’un cancer secondaire. »

Lésion, nodule : est-ce que l’échographie peut détecter un cancer du foie ?

L’examen échographique permet notamment de repérer un nodule, une masse suspecte et de visualiser les voies biliaires. « On va également examiner le contour du foie : s’il est très nodulaire, cela nous oriente vers une cirrhose ; l’échographie montre aussi très bien quand le foie est chargé en graisse, il devient alors très échogène », indique le spécialiste.

Enfin, l’échographie est très utile pour diagnostiquer une maladie du foie et en évaluer sa gravité. « On utilise notamment l’élastographie (FibroScan ®) afin de mesurer l’élasticité du foie, explique le Pr Yves Menu. Cette technique d’échographie permet de renseigner rapidement sur la présence éventuelle d’une fibrose hépatique et d’une surcharge en graisse du foie ». Et d’ajouter : « Une fibrose pouvant évoluer en cirrhose puis en cancer avec le temps, les patients chez qui on la détecte feront l’objet d’un suivi reposant sur une échographie régulière. »

Pourquoi réalise-t-on une IRM hépatique ?

En cas de découverte d’une anomalie à l’échographie, une IRM hépatique peut être prescrite en complément. Cet examen est très utile pour caractériser des nodules ainsi que pour rechercher des métastases.

Afin de confirmer le diagnostic, il est possible de réaliser une biopsie. Celle-ci consiste à prélever un petit échantillon de tissu de la région suspecte du foie à l’aide d’une aiguille fine sous anesthésie locale. « La biopsie n’est plus systématique, affirme le Pr Yves Menu. Les examens d’imagerie et le dosage de l’AFP suffisent souvent à poser le diagnostic. De plus, certaines tumeurs sont tellement spécifiques qu’on n’a pas besoin d’effectuer un prélèvement. Par exemple les petites tumeurs des voies biliaires (cholangiocarcinome) sont très typiques mais très difficiles à biopsier. »

Bilan sanguin et marqueurs tumoraux (Alpha foetoprotéine)

En parallèle à l’imagerie, le praticien de santé prescrira un bilan hépatique (analyse sanguine) afin de vérifier les transaminases, la bilirubine, les gamma-GT ainsi que le taux de prothrombine et de doser les marqueurs tumoraux, notamment l’alpha-fœtoprotéine (AFP).

Instadiag : diagnostiquer plus vite pour traiter plus vite

Depuis le début de l’année, l’institut Gustave Roussy expérimente le parcours InstaDiag Foie. Objectif ? Réduire le délai entre le diagnostic et le début du traitement. « De la première consultation du patient jusqu’à sa prise en charge thérapeutique, il s’écoule une huitaine de jours. Cela permet d’être beaucoup plus efficace, d’obtenir un diagnostic rapide – donc d’être moins anxiogène pour les patients – et de vite débuter un traitement. »

Quel est le traitement du cancer primitif du foie ?

Le traitement du cancer primitif du foie dépend de la nature de la tumeur. Si celle-ci est petite et localisée, il est possible de la détruire par radiofréquence ou de procéder à une ablation partielle du foie. Dans certains cas, une greffe peut être envisagée.
« Mais, la chirurgie n’est pas toujours possible, précise le Pr Menu. En effet, si la tumeur est très étendue ou si elle se développe sur un foie déjà très malade à cause de la cirrhose, il risque de ne pas rester suffisamment de tissu sain pour permettre à l’organe de se régénérer et de fonctionner normalement. Il y a des alternatives comme la chimioembolisation – technique qui consiste à délivrer directement des médicaments de chimiothérapie au niveau du site tumoral – ou la radioembolisation. La chimiothérapie progresse aussi beaucoup, notamment en utilisant les avancées récentes de l’immunothérapie et des thérapies ciblées. » La combinaison de plusieurs options thérapeutiques permet d’améliorer le pronostic des patients et parfois même de préparer une greffe de foie…

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