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Le cancer du corps de l’utérus (ou plus précisément de l’endomètre) est le 4ème cancer le plus fréquent chez la femme en France. Lorsqu’il est détecté de façon précoce, ce cancer est plutôt de bon pronostic puisque la survie à dix ans est de 70 %. Examen de première intention, l’échographie permet de déceler d’éventuelles anomalies.

Qu’est-ce que le cancer du corps de l’utérus ou cancer de l’endomètre ?

Le cancer du corps de l’utérus (ou cancer de l’endomètre) est à distinguer du cancer du col de l’utérus. « Le cancer du col de l’utérus touche, comme son nom l’indique, le col de l’utérus et est principalement lié au Human papillomavirus (HPV), un virus sexuellement transmissible, précise le Pr Vincent Lavoué, gynécologue-obstétricien. Tandis que le cancer du corps de l’utérus, concerne majoritairement les femmes après la ménopause et se développe à partir des cellules de l’endomètre, c’est-à-dire la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus. »

Le cancer de l’endomètre est habituellement un adénocarcinome. Mais, il peut également prendre la forme d’un sarcome, une tumeur rare mais agressive qui naît dans le tissu musculaire ou le tissu conjonctif de l’utérus (environ 2 à 5 % des cancers de l’utérus). À la différence du cancer du col de l’utérus, il n’existe actuellement pas d’examen de dépistage du cancer de l’endomètre.

Cancer du col de l’utérus, examens et dépistage organisé

Le cancer du col de l’utérus est principalement lié au HPV (Human papillomavirus), une infection sexuellement transmissible très fréquente. Rappelons que près de 80 % des hommes et des femmes sexuellement actifs vont l’attraper et que chacun peut être exposé au virus qu’importe le sexe, le genre ou bien le type de sexualité. « Le HPV se transmet lors des rapports sexuels, indique le Pr Vincent Lavoué. Dans la plupart des cas, les défenses immunitaires éliminent naturellement le virus et l’infection disparaît spontanément sans avoir de conséquence. Mais, il arrive qu’il persiste et fasse le lit de lésions pré-cancéreuses ». On dénombre un peu moins de 3000 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus par an. Afin de diagnostiquer la maladie à un stade précoce, un programme national de dépistage a été mis en place à destination des femmes âgées de 25 à 65 ans. Ce dépistage repose sur un frottis cervical : le praticien introduit une petite spatule dans le vagin afin de frotter le col de l’utérus et de recueillir des cellules. Le prélèvement permettra d’observer les cellules au microscope ou de rechercher directement la présence du virus HPV. « En cas d’anomalie détectée lors du frottis, une colposcopie sera réalisée, poursuit le spécialiste. Indolore, cet examen consiste à observer le col de l’utérus à la loupe afin de repérer les lésions et de faire éventuellement un prélèvement. »

Quels sont les symptômes du cancer du corps de l’utérus ?

Le cancer du corps de l’utérus (endomètre) se manifeste principalement par des symptômes comme des pertes ou des saignements vaginaux anormaux chez la femme ménopausée. « Tout saignement vaginal chez la femme ménopausée doit amener la patiente à consulter », insiste le Pr Lavoué.

Diagnostic du cancer de l’utérus : quels examens faire pour le détecter ?

Le diagnostic du cancer de l’utérus repose principalement sur un prélèvement de cellules du corps utérin ainsi qu’une échographie.
« Dans un premier temps, l’examen clinique permet de confirmer l’origine du saignement, détaille le Pr Lavoué. À l’aide d’une pipelle, un tube très fin, on va ensuite effectuer un prélèvement – une biopsie de l’endomètre – afin de recueillir des cellules de l’intérieur de l’utérus qui seront envoyées dans un laboratoire d’anatomopathologie pour analyse. »

La biopsie se complètera d’une échographie. Si une anomalie est détectée, le praticien vous proposera d’effectuer une hystéroscopie. Réalisé sous anesthésie, l’examen offre la possibilité d’explorer la cavité utérine à l’aide d’une petite caméra introduite par voie vaginale.

« Ces examens permettent d’éliminer ou de confirmer un cancer de l’utérus. Néanmoins, la majorité des saignements sont bénins et souvent dus à une atrophie de la muqueuse qui s’est un peu fragilisée », rassure le Pr Lavoué.

Qu’est-ce qu’une biopsie de l’endomètre ? Comment est-elle réalisée ?

La biopsie de l’endomètre peut être effectuée au cabinet médical à la suite de l’examen clinique ou en ambulatoire au moment de l’hystéroscopie. L’examen consiste à prélever des cellules de l’intérieur de la cavité utérine à l’aide d’une pipelle, un tube très fin. Le praticien introduit un spéculum afin d’écarter les parois vaginales puis glisse la pipelle par le col de l’utérus jusqu’à atteindre l’endomètre. « Le geste n’est pas agréable mais il est très rapide », assure le spécialiste. Il est possible de sentir une douleur légère à modérée semblable à des crampes menstruelles. L’échantillon de tissu prélevé sera ensuite envoyé à un laboratoire d’anatomopathologie pour analyse.

Est-ce que le cancer de l’utérus se voit à l’échographie ? Peut-on visualiser des anomalies lors de l’échographie pelvienne ?

L’échographie est effectuée par voie sus-pubienne et endovaginale. « La voie endovaginale, c’est-à-dire en introduisant une sonde dans le vagin, permet de mieux visualiser l’utérus, précise le spécialiste. À l’examen, on recherchera un épaississement de l’endomètre. Chez la femme ménopausée, il doit faire moins de 5 millimètres. S’il fait plus de 5 millimètres, ce n’est pas normal. On peut également observer un authentique aspect de tumeur, prenant la forme d’une lésion de deux ou trois centimètres ou un polype utérin. » Si les polypes sont la plupart du temps bénins, ils peuvent néanmoins se compliquer en hyperplasie endométriale et évoluer en cancer de l’endomètre…

Échographie, scanner ou encore IRM : quel est l’intérêt de l’imagerie médicale pour détecter un cancer de l’utérus ?

L’échographie sera réalisée en première intention afin d’orienter le diagnostic tandis que l’imagerie par résonance magnétique (IRM) permettra d’effectuer le bilan d’extension de la maladie et de son extension éventuelle aux organes voisins. « En revanche, le scanner n’a aucun intérêt dans le diagnostic de la maladie, affirme le Pr Lavoué. En complément de l’IRM, l’analyse du laboratoire d’anatomopathologie permettra de déterminer la nature cancéreuse ou non des cellules et nous renseignera sur le sous-type histologique du cancer et sur sa caractérisation moléculaire pour adapter le traitement. »

Quel est le traitement du cancer de l’utérus ?

Le traitement du cancer du corps de l’utérus (endomètre) repose principalement sur la chirurgie. « On réalise une hystérectomie sous coelioscopie, détaille le Pr Lavoué. On enlève l’utérus (corps et col) mais aussi les ovaires car il peut y avoir des petites localisations secondaires. En fonction du bilan d’extension, il est aussi possible de prélever le ganglion sentinelle et l’épiploon. »

Le traitement chirurgical sera complété, si besoin, par de la chimiothérapie et de la radiothérapie associée ou non à de la curiethérapie. « La majorité des cancers de l’utérus étant détectée à un stade précoce, dans 50 % des cas, les patientes n’auront pas de traitement adjuvant. La chirurgie seule suffit », conclut le spécialiste.

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