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Les cancers de la gorge, aussi appelés cancers ORL (oto-rhino-laryngés), cancers de la tête et du cou ou encore cancers des voies aérodigestives supérieures (VADS), se développent au niveau des lèvres, de la bouche, du pharynx (nasopharynx, oropharynx, hypopharynx), du larynx ou encore des fosses nasales, des sinus ou des glandes salivaires.

Ces cancers sont surtout dus à la consommation de tabac et d’alcool, mais une autre cause prend une part grandissante, notamment dans le cancer de l’oropharynx (incluant les amygdales et la base de la langue) : il s’agit des virus de la famille des papillomavirus humains (HPV).

« On s’est rendu compte qu’il y a une sous-médiatisation des cancers ORL, estime le Pr Sylvain Morinière, chirurgien ORL et Président de la Société Française de Carcinologie Cervico-Faciale (SFCCF). C’est pourquoi nous avons créé la campagne Rouge-Gorge ».

La campagne nationale Rouge-Gorge qui se tient la semaine du 2 au 5 avril 2024 est là pour alerter la population face aux cancers ORL, en augmentation chez les femmes, et pour permettre un diagnostic plus précoce. « Trop de patients arrivent à un stade avancé. Or, certains signes cliniques auraient dû les alerter. On perd alors des mois et on se retrouve avec des cas graves », déplore le Pr Morinière interviewé par Top Santé.

Les cancers de la gorge surviennent souvent entre 50 et 64 ans, mais certains apparaissent chez des patients plus jeunes

En France, le nombre de nouveaux cas de cancers de la gorge (lèvres, bouche, pharynx et larynx) est de 15 264 chaque année : 10 932 des nouveaux cas sont diagnostiqués chez les hommes, 4 332 cas chez les femmes.

Si le nombre de cancers de la gorge diminue chez les hommes, il est en augmentation chez les femmes. Une tendance notamment liée à l’évolution du tabagisme, en hausse chez les femmes.

Les cancers de la gorge surviennent le plus souvent entre 50 et 64 ans, mais certains d’entre eux comme les cancers de l’oropharynx HPV-induits, apparaissent chez des patients plus jeunes, en bonne santé générale et ne consommant pas d’alcool ou de tabac. Les cas de cancers de la gorge HPV induits sont en augmentation et touchent aussi bien les hommes que les femmes. Ces cancers ont tendance à être diagnostiqués dans deux groupes d’âge : de 30 à 40 ans et entre 60 et 70 ans. « L’augmentation des cas est dû au papillomavirus. Ce facteur de risque n’est pas si nouveau, mais il augmente depuis une dizaine d’année », explique le chirurgien ORL.

« Ce virus très connu est responsable de nombreuses pathologies, et notamment du cancer du pharynx. Ce cancer apparait chez des gens dont le profil diffèrent des autres cancers dus à l’alcool et au tabac. On se retrouve face à des patients plus jeunes qui ne boivent pas et ne fument pas. Donc, ils ne s’imaginent pas avoir des risques de cancer ».

Ils mettent ainsi leurs symptômes sur le compte d’un coup de froid ou d’un virus hivernal. « Ils ont une bonne hygiène de vie, donc ils n’ont aucune raison de soupçonner un cancer. Pendant des mois, ils voient des médecins, prennent des sirops et leur soignant n’est pas inquiet », déplore l’expert.

Résultat : le cancer est alors souvent décelé à un stade avancé. S’ensuit donc des traitements plus invasifs et des séquelles plus lourdes que si la maladie avait été détecté à un stade précoce.

« Si les symptômes durent plus de trois semaines, c’est inquiétant »

Le cancer HPV induit a un excellent pronostic s’il est découvert à un stade précoce. Dans 90 % des cas, les patients guérissent. Or, si le stade évolue avec plusieurs ganglions, moins d’un patient sur deux s’en sort.

Le Pr Morinière nous énumère les symptômes d’alerte : « On retrouve la douleur à la gorge au moment de la déglutition, un aphte qui ne disparait pas, une boule dans le cou (ganglion), une gêne dans la bouche avec des saignements… ».

Ces symptômes sont bénins s’ils ne durent pas. Ce qui est bien souvent le cas. Or, s’ils durent plus de trois semaines, c’est inquiétant. C’est à ce moment-là qu’il faut consulter.

Les cancers HPV induits peuvent être prévenus par la vaccination : « le vaccin est proposé aux adolescents. L’adhésion tourne autour de 15 à 20 %. Mais si on veut avoir un impact, c’est 65 % qu’il faut atteindre. Garçons et filles. Le vaccin permet de se défendre et de le détruire le virus », détaille le Pr Morinière.

La vaccination est préconisée avant le premier rapport. Pour les garçons, elle peut être plus tardive et être proposée jusqu’à l’âge de 26 ans.

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