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BPCO : qu’est-ce que c’est ?

La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une maladie chronique des voies aériennes qui conduit à une insuffisance respiratoire. Elle touche environ 7,5 % des adultes soit entre 3 et 3,5 millions de personnes. « Les patients sont, en majorité, âgés de plus de 65 à 70 ans », précise Simon Tellechea, diététicien-nutritionniste.

BPCO et symptômes

Elle se caractérise par une toux grasse, des expectorations muco-purulentes, une difficulté à respirer à l’effort mais aussi au repos. Elle est principalement causée par le tabagisme, d’où la nécessité de l’arrêt du tabac , mais également par la pollution de l’air, l’exposition professionnelle à des substances chimiques, une hypersensibilité allergique

La Haute autorité de santé distingue 4 stades de BPCO :

BPCO stade 1 ‘“légère”

Le patient est essoufflé uniquement lors d’un effort important. A ce stade il n’est que rarement conscient de son état. 

BPCO stade 2 “modéré”

L’essoufflement est présent dans les activités du quotidien à cause du rétrécissement accru du calibre des bronches. Cela est un début de handicap pour le patient.

BPCO stade 3 “sévère”

L’essoufflement est récurrent, même lors d’effort minimes. Les bronches sont de plus en plus obstruées.

BPCO stade 4 “très sévère”

Le patient est gêné dans ses gestes les plus banals. Il devient insuffisant respiratoire. Son organisme ne s’oxygène pas seul. Sa qualité de vie est considérablement dégradée.

Qui est touché par la BPCO ?

La BPCO frappe davantage les populations défavorisées. Elle se rencontre plus particulièrement dans les régions des Hauts de France et du Grand Est. Les taux d’hospitalisation et de mortalité y sont supérieurs à la moyenne nationale.

En France, 2/3 des cas ne sont pas diagnostiqués. La BPCO pourrait être la 3ème cause de mortalité par maladie dans le monde en 2030 !

Outre les différents traitements comme les bronchodilatateurs, les antibiotiques, les corticoïdes, l’accompagnement psychologique…, la prise en charge nutritionnelle a également une grande importance.

Quels sont les aliments à privilégier chez un patient BPCO ?

Comme dans beaucoup de maladies, certains aliments sont plus adaptés que d’autres.

Bronchite chronique et alimentation

Une alimentation saine est bien sûr indispensable. Que mettre dans l’assiette du patient BPCO

Des protéines

 « Qu’elles soient animales ou végétales, elles sont importantes pour lutter contre la perte de masse musculaire et la dénutrition », explique Simon Tellechea. Faut-il préférer certaines protéines à d’autres ? « Oui, répond le diététicien-nutritionniste. On choisit plutôt des viandes maigres et blanches comme le lapin, le veau, la volaille, mais aussi la viande des grisons ; les poissons gras pour leur apport en acides gras essentiels oméga-3, que l’on retrouve également dans les huiles de lin, de colza, de cameline, de noix ; les oléagineux comme les amandes, les noix, les noisettes. »

Les aliments riches en oméga-3 sont importants pour lutter contre l’inflammation.

Quel légume est bon pour les poumons ?

« Les fruits et légumes font partie des aliments qui assurent un bon équilibre acide-base à l’organisme et participent à la lutte contre l’inflammation », détaille le diététicien-nutritionniste.

Les carottes, les épinards, les poivrons, les kiwis, les oranges, les fraises… sont des aliments qui apportent de nombreux vitamines et minéraux (vitamines C, A ; zinc, magnésium…). Sans oublier leur apport en fibres.

BPCO et perte d’appétit

La BPCO peut entraîner une perte d’appétit et donc le risque que le patient se retrouve en état de dénutrition. Elle provoque aussi une sensation d’écœurement. Les raisons ? « C’est à cause du manque d’oxygène, des dyspnées, de la toux plus ou moins constante, et de la fatigue de la maladie. Il peut également y avoir des problèmes de mastication, de déglutition », explique le diététicien-nutritionniste.

Quels sont les aliments nocifs pour les poumons ?

La BPCO s’accompagne souvent d’autres problèmes de santé comme une surcharge pondérale ou une obésité abdominale, une hypercholestérolémie, un diabète. D’où l’importance d’éviter certains aliments.

« C’est le cas, notamment, des graisses saturées que l’on trouve, par exemple, dans les aliments frits, la charcuterie, les abats, la crème fraîche, les plats préparés industriellement, le fast-food…, énumère Simon Tellechea. Ces aliments nécessitent un temps de digestion plus long et risquent aussi d’encrasser les artères. »

Ce ne sont pas les seuls aliments à éviter. C’est également le cas de certains légumes comme les choux en général (chou rouge, chou frisé, chou de Bruxelles, chou-fleur, brocoli…), ainsi que les légumineuses. Pourquoi ? « Ils peuvent entraîner des ballonnements, des gaz qui allongent le temps de digestion ce qui va nécessiter l’utilisation de davantage d’oxygène par le système digestif », précise le diététicien-nutritionniste.

Si l’on souhaite consommer, de temps en temps, ces aliments, il est conseillé de les cuire avec une pincée de bicarbonate de sodium qui les rend plus digestes. 

« Attention, également, aux produits sucrés qui peuvent entraîner des flatulences », avertit Simon Tellechea.

Les bons conseils à suivre

 Outre les aliments à privilégier et les aliments à éviter, il y a d’autres bonnes habitudes alimentaires à prendre.

Fractionner les repas

Le fractionnement des repas est indiqué en cas de BPCO. Il a plusieurs avantages que détaille Simon Tellechea.

– Une assiette moins conséquente permet de diminuer le bol alimentaire.

– Il y a moins de risque d’écœurement.

– La digestion est moins longue.

– Il y a moins de gêne respiratoire.

« Pour avoir les apports recommandés quotidiennement, une collation peut être prise dans la journée », propose le diététicien-nutritionniste.

Prendre son temps pour manger

« Il est important de ne pas manger trop rapidement ni parler en mangeant afin de ne pas avaler trop d’air, conseille Simon Tellechea. Il est également préférable de s’hydrater avec de l’eau entre les repas plutôt qu’en mangeant. »

Ne pas s’allonger après les repas

On attend une heure après les repas pour faire la sieste ou pour aller se coucher le soir. Les raisons ? « La toux et la gêne respiratoire peuvent entraîner un reflux, la position assise ou semi assise à 45° est donc préférable », conseille le diététicien-nutritionniste.

Une journée type pour bien manger quand on souffre de BPCO

Voici une idée de petit déjeuner, le déjeuner et le dîner conseillé par Simon Tellechea.

Petit déjeuner : 1 café ou 1 thé + 50 g de pain ou 2 biscottes + 10 g de beurre + 1 c. à c. de confiture + si envie 1 fromage blanc ou 1 yaourt, de préférence, de chèvre ou de brebis (plus facile à digérer).

Déjeuner : 100 à 120 g de blanc de poulet en papillote + 100 à 120 g de purée de carotte + 130 g de riz blanc + 30 g de fromage + 1 fruit (On peut garder le fruit pour une collation dans l’après-midi).

Dîner : 1 bol de soupe + 100 g de dos de saumon poché + 80 g d’épinards + 80 g de pomme de terre vapeur + 1 fruit et/ou 1 produit laitier.

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