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Une nouvelle qui donne de l’espoir. Des chercheurs américains ont récemment publié dans la revue Cell (source 1) les résultats prometteurs de leur recherche pour un traitement contre le cancer du cerveau le plus fréquent mais aussi le plus agressif : le glioblastome. Cette tumeur cérébrale reste rare : elle touche 2 à 3 personnes sur 100 000 en Europe. Si elle est encore aujourd’hui particulièrement mortelle – « avec une survie médiane d’environ 15 mois » d’après les chercheurs dans un communiqué (source 2) – c’est notamment à cause d’un manque de traitements efficaces. Aujourd’hui, le traitement du glioblastome repose sur de la chirurgie, de la radiothérapie et de la chimiothérapie.

C’est pour pallier ce manque que des chercheurs de l’Université de Floride (États-Unis) travaillent depuis 7 ans. Le fruit de leurs recherches : un traitement qui a montré des résultats encourageants chez les animaux, mais aussi chez les humains.

Les chercheurs ont testé leur vaccin d’abord sur des souris, puis sur 10 chiens atteints d’un glioblastome pour lesquels il n’y avait aucune option de traitement. « Les dix chiens de compagnie ont vécu en moyenne 139 jours, alors que la survie moyenne des chiens atteints de la maladie est de 30 à 60 jours », se félicitent-ils. Face à de tels résultats, ils ont ensuite obtenu une autorisation des autorités sanitaires américaines pour tester leur traitement sur quatre patients humains. Leur état de santé s’est aussi amélioré de façon notable. « Les patients ont soit vécu sans maladie plus longtemps que prévu, soit ont survécu plus longtemps que prévu », d’après le communiqué.

D’après l’équipe américaine, le traitement qu’ils ont mis au point est « semblable aux vaccins COVID-19, mais avec deux différences essentielles : l’utilisation des propres cellules tumorales du patient pour créer un vaccin personnalisé, et un mécanisme d’administration complexe nouvellement conçu à l’intérieur du vaccin ». Le traitement, élaboré sur-mesure pour chaque patient à partir du matériel génétique de leur tumeur, a pour objectif de reprogrammer « le système immunitaire pour qu’il s’attaque au glioblastome », expliquent les chercheurs dans le communiqué. Ils se réjouissent que celui-ci « déclenche une réponse immunitaire féroce ». Le traitement, administré en une dose par voie intraveineuse, a en effet provoqué une « réponse immunitaire très active » « en moins de 48 heures », d’après le Dr Elias Seyour, oncologue pédiatrique à l’Université de Floride et auteur principal de l’étude.

Cette découverte représente un nouveau moyen potentiel de recruter le système immunitaire pour lutter contre des cancers notoirement résistants aux traitements (communiqué).

Les recherches continuent, puisque l’équipe de scientifiques va désormais tester le vaccin sur « 24 patients adultes et pédiatriques afin de valider les résultats ». L’étape suivante, la phase 2 de l’essai clinique, sera menée auprès de 25 enfants, ont déjà annoncé les chercheurs américains.

Une parmi plusieurs pistes de traitements

Ce vaccin n’est pas le seul potentiel futur traitement contre le glioblastome. Plusieurs pistes ont récemment été annoncées. Un médecin australien a récemment été médiatisé après avoir servi de cobaye pour son propre traitement expérimental. Il a assuré ne plus avoir de signe de glioblastome depuis plus de 8 mois.

Un autre candidat-traitement américain testé auprès de 3 patients atteints d’un glioblastome a « montré des réponses spectaculaires en quelques jours », d’après le communiqué publié en mars 2024 (source 3).

“Il y a beaucoup de pistes de recherches et toutes sont prometteuses. Mais ça reste insuffisant, il faut accélérer et en faire plus. Il y a beaucoup d’espoir », nous confiait récemment le Pr Ahmed Idbaih, neuro-oncologue, au sujet du cancer du cerveau.

Quel accès aux médicaments innovants du cancer ?

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