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Saviez-vous que le water-polo est l’un des premiers sports collectifs à avoir intégré le programme des Jeux olympiques modernes ? Son alliance unique de compétences athlétiques, tactiques et humaines lui confère une multitude d’avantages, tant sur le plan physique que sur le plan mental : les poloïstes sont constamment en mouvement et doivent travailler en équipe pour trouver des ouvertures dans la défense adverse tout en protégeant leur propre but. On fait le point avec Dominique Cupillard, médecin et secrétaire générale de la Fédération Française de Natation (FFN).

Quelle est l’origine du water-polo ?

Souvent associé à la Rome antique, le water-polo trouve en fait ses origines à la fin du XIXe siècle, en Grande-Bretagne. Fort de son succès, il s’est rapidement répandu en Europe et aux États-Unis, jusqu’à être sacré sport olympique aux Jeux Olympiques de Paris, en 1900. C’est aujourd’hui un sport dynamique et compétitif pratiqué à haut niveau dans de très nombreux pays. À noter : le water-polo féminin a fait son entrée aux Jeux Olympiques de Sydney en 2000, soit 100 ans après être devenu un sport olympique masculin !

Comment se joue le water-polo ?

Le water-polo est un sport rapide, physique et tactique qui demande une grande endurance, une bonne condition physique et une excellente coordination. Chaque équipe est composée de sept joueurs dans l’eau (six joueurs de champ et un gardien de but) et de six remplaçants sur le banc. L’aire de jeux mesure réglementairement 30 x 20 m pour les matchs masculins ou 25 x 20 m pour les matchs féminins et plusieurs lignes matérialisées par des plots définissent la surface de jeu : la ligne rouge de hors-jeu, la ligne jaune de penalty et la ligne blanche de milieu de terrain.

Vous l’aurez deviné, l’objectif principal est de marquer des points en lançant le ballon dans le but adverse tout en défendant son propre but pour empêcher l’adversaire de marquer, sachant que chaque équipe dispose de 30 secondes pour attaquer lorsqu’elle prend possession du ballon. « Le match commence par un sprint : chaque équipe envoie un joueur au milieu de la piscine pour tenter de récupérer le ballon au coup de sifflet initial. Les joueurs se déplacent ensuite en nageant tout au long du match. Ils ne peuvent utiliser qu’une seule main pour tenir ou passer le ballon et ne peuvent pas toucher le fond de la piscine lorsqu’ils ont le ballon », explique Dominique Cupillard.

Comme au handball, on distingue plusieurs types de fautes :

  • les fautes simples, commises en bousculant un adversaire, en gardant le ballon au fond de l’eau ou encore en frappant le ballon avec les deux mains.
  • et les fautes graves (fautes d’exclusion), commises lorsque l’on sort de l’eau sans autorisation ou que l’on maltraite un adversaire ou un arbitre.

Quelle est la durée d’un match de water-polo ?

La durée d’un match de water-polo peut varier en fonction de l’âge, du niveau de compétition ou des règles spécifiques des organisateurs. Les matchs officiels se décomposent en quatre périodes de huit minutes de jeu, entrecoupées de périodes de repos de deux minutes, sauf entre la 2e et la 3e période où le temps de repos est de 5 minutes.

Comment on appelle les joueurs de water-polo ?

Les joueurs de water-polo se font appeler les poloïstes. Chaque équipe se compose d’un gardien, d’un arrière central, de deux joueurs formant la ligneextérieure, de deux ailiers et d’une pointe. Tous sont équipés d’un bonnet de bain, de lunettes et d’un protège-dents.

Un sport accessible aux enfants et aux femmes enceintes ?

Il est possible de pratiquer le water-polo dès que l’on sait nager. Certains clubs proposent donc des cours de ‘baby water-polo’ dès l’âge de 4 à 5 ans, même si la moyenne d’âge tourne généralement autour de 8 à 10 ans. « Quoi qu’il en soit, les matchs sont adaptés aux capacités des enfants et à leur niveau », indique Dominique Cupillard.

Le water-polo peut être une excellente activité sportive pour les enfants à l’aise dans l’eau. Il leur permet de développer leur force, leur endurance, leur coordination et leur esprit d’équipe, tout en s’amusant ! Dominique Cupillard.

Restez prudente pendant votre grossesse !

Le water-polo n’est pas spécifiquement recommandé aux femmes enceintes en raison des risques pour la santé de la mère et du fœtus. Comme nous l’explique Dominique Cupillard, certaines athlètes de haut niveau continuent à s’entraîner jusqu’à la fin de leur deuxième semestre, mais la pratique de loisir est plutôt déconseillée pendant la grossesse. Pour cause ? Les mouvements brusques et les contacts physiques peuvent mettre en péril la santé des mères et de leurs enfants à naître. Si vous souhaitez vous mettre au sport pendant votre grossesse, on conseille généralement des activités physiques plus douces, comme la natation, le yoga ou la marche.

Les personnes âgées peuvent-elles jouer au water-polo ?

Il n’y a pas d’âge réglementaire pour arrêter de jouer au water-polo, répond Dominique Cupillard. En effet, le water-polo peut être une activité bénéfique pour les personnes âgées, à condition que leur santé, leur condition physique et leur expérience en natation soient suffisamment bonnes. « Les personnes âgées qui sont en bonne santé générale et qui ont une certaine familiarité avec la natation peuvent profiter du water-polo pour entretenir leur forme physique et leur socialisation », assure l’experte. Cela dit, passé un certain âge, il est important d’adapter la pratique et de mettre l’accent sur la sécurité et le plaisir plutôt que sur la compétition pour limiter les risques de blessures.

Quels sont les avantages du water-polo pour notre santé ?

Le water-polo offre une multitude de bienfaits pour notre santé physique – dont certains rejoignent les bienfaits de la natation :

  • Comme de nombreux sports, le water-polo améliore notre santé cardiovasculaire, ce qui signifie qu’il renforce notre cœur et améliore notre circulation sanguine. « La nage constante et les mouvements rapides dans l’eau augmentent notre rythme cardiaque, ce qui améliore votre endurance cardiovasculaire », confirme Dominique Cupillard.
  • Le travail en apnée peut aussi être bénéfique pour la santé respiratoire : il incite les poumons à travailler plus efficacement pour utiliser l’oxygène disponible de manière optimale. L’apnée sollicite aussi les muscles respiratoires, tels que le diaphragme et les muscles intercostaux, ce qui peut les renforcer au fil du temps et améliorer leur endurance.
  • Le water-polo favorise aussi le renforcement musculaire global : la résistance de l’eau permet de développer naturellement sa force, sa puissance et sa masse musculaire. Tous les muscles sont sollicités, aussi bien ceux des jambes, du tronc, des bras que des épaules. « Le bas du corps est particulièrement challengé avec le rétropédalage, mais le haut du corps est aussi sollicité tout au long des matchs, pour nager, lancer, intercepter, réceptionner, etc. », note l’experte.
  • La flottabilité dans l’eau réduit significativement l’impact sur nos articulations, ce qui en fait un sport collectif idéal pour les personnes souffrant de problèmes articulaires.
  • Les changements de directions permanents, combinés à la nécessité de nager tout en manœuvrant avec précision dans l’eau, contribue à améliorer notre coordination, notre équilibre et notre proprioception. Ces mouvements de pivotement dans l’eau favorisent aussi la souplesse articulaire et musculaire, ce qui peut réduire le risque de blessures et améliorer la performance athlétique globale.
  • Enfin, en raison de son intensité, le water-polo peut aussi être un bon moyen de brûler des calories et de favoriser la perte de poids ou le maintien d’un poids de santé en équilibrant correctement sa balance énergétique.
  • Le contact de l’eau sur la peau prodigue aussi un massage bénéfique susceptible de limiter la rétention d’eau et d’atténuer la cellulitepar la même occasion !

Un sport collectif très bénéfique pour notre santé mentale !

  • La pratique régulière du water-polo permet de se défouler, mais aussi de lutter contre le stress et l’anxiété grâce à la libération d’endorphines, des hormones qui agissent comme des analgésiques naturels. Le travail d’équipe et l’attention portée au jeu aident également à s’ancrer dans le moment présent et à détourner l’esprit des inquiétudes du quotidien.
  • L’élaboration stratégique et les passes techniques demandent aussi une grande capacité de concentration et d’anticipation : « il faut être capable de lire rapidement le jeu, d’anticiper les actions des adversaires, de communiquer efficacement avec ses partenaires et de jouer rapidement », indique Dominique Cupillard.
  • L’acquisition de nouvelles compétences et les différentes victoires peuvent aussi renforcer la confiance en soi et l’estime de soi. Tout comme le soutien et les encouragements des coéquipiers permet de renforcer le sentiment d’appartenance et d’accomplissement.
  • « Les joueurs doivent être capables de suivre les stratégies de jeu pendant de longues périodes, ce qui favorise le développement de la concentration, de la discipline mentale et de cohésion d’équipe », note l’experte. C’est aussi l’occasion d’apprendre à gérer ses émotions et à surmonter l’adversité, que ce soit la frustration après une erreur, l’excitation après un point gagnant ou la satisfaction après une victoire !

Il n’y a pas de piscine près de chez vous ? Si vous habitez à proximité d’un lac ou de la mer, sachez qu’il est possible de pratiquer le beach water-polo. Comme son nom l’indique, cela consiste à pratiquer le water-polo en milieu naturel avec périmètre délimité par une structure gonflable. Une alternative intéressante aux traditionnels sports de plage comme le volley-ball !

Quels sont les risques du water-polo ?

Le water-polo comporte lui aussi son lot de risques en raison de la nature physique et parfois explosive du jeu. Les joueurs sont exposés à un certain nombre de blessures… En raison de la nature dynamique du sport, les joueurs sont susceptibles de subir des tensions musculaires, des entorses et des claquages. Les contacts physiques constants entre les joueurs peuvent aussi entraîner des blessures traumatiques telles que des contusions, des coupures, des griffures et des ecchymoses. Sans oublier les risques de luxations articulaires, de fracture des doigts ou du nez. Les commotions cérébrales inhérentes à tous les sports de contact sont rares, mais ne peuvent pas être totalement écartées…

Existe-t-il des contre-indications spécifiques ?

« Il existe peu de contre-indications générales à la pratique loisir du water-polo », assure Dominique Cupillard. Mieux vaut consulter votre médecin si :

  • vous souffrez de problèmes cardiaques (arythmies, cardiopathie ischémique ou hypertension artérielle non contrôlée) ;
  • vous souffrez de problèmes respiratoires (asthme sévère ou bronchopneumopathie chronique obstructive – BPCO) ;
  • vous souffrez de problèmes orthopédiques (blessures articulaires ou douleurs chroniques) ;
  • vous souffrez de problèmes de peau non contrôlés (eczéma ou infections cutanées) ;
  • vous souffrez de troubles neurologiques (épilepsie ou troubles de l’équilibre).

Chaque cas est particulier, une évaluation médicale préalable permet d’identifier les contre-indications spécifiques et de mettre en place des mesures préventives pour minimiser les risques !

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