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Pour rappel, le daltonisme est une dyschromatopsie, soit un trouble de la perception des couleurs lié à une atteinte des cônes photorécepteurs de la rétine de l’œil. « Il est le plus souvent héréditaire ou congénital, mais il peut aussi être acquis et survenir sans aucun antécédent familial suite à une mutation ou à une maladie oculaire », précise la Dre Zwillinger.

Au risque de vous surprendre, les personnes daltoniennes peuvent donc voir en couleur. Toutefois, selon le degré d’atteinte et le type de photorécepteurs affecté, elles peuvent avoir des difficultés à distinguer certaines nuances ou à percevoir pleinement la différence entre certaines couleurs. Dans de très rare cas, certaines personnes sont néanmoins incapables de discerner les couleurs et voient en noir et blanc…

Daltonisme : comment voient les personnes daltoniennes ?

Les cônes de la rétine ne sont autres que les cellules qui nous permettent de distinguer les couleurs. On distingue trois catégories de cônes : les cônes sensibles aux courtes longueurs d’onde (les plus sensibles à la lumière bleue), les cônes sensibles aux moyennes longueurs d’onde (les plus sensibles à la lumière verte) et les cônes sensibles aux longues longueurs d’onde (les plus sensibles à la lumière rouge).

Concrètement, lorsque la lumière frappe la rétine, les cônes réagissent aux différentes longueurs d’onde de lumière en envoyant des signaux électriques au cerveau par l’intermédiaire du nerf optique. Le cerveau traite ensuite ces signaux pour former une image colorée de notre environnement et nous permettre de distinguer toutes les nuances de bleu, de vert et de rouge.

Dans le cas du daltonisme, un ou plusieurs cônes peuvent être altérés ou totalement absents. De fait, les informations transmises au cerveau sont biaisées, ce qui entraîne des difficultés à percevoir certaines couleurs. Dre Marie Seminel, rétinologue.

La vue des hommes et des femmes en proie au daltonisme n’évolue pas avec le temps…

Comme nous l’explique la Dre Zwillinger, les daltonismes congénitaux et héréditaires sont bilatéraux, symétriques et non évolutifs. Autrement dit, les deux yeux sont concernés à la même intensité dès la naissance et jusqu’à la mort. Une fois le diagnostic confirmé, les personnes concernées n’ont donc pas besoin de faire tester régulièrement leur vue : elles développent en revanche des stratégies d’adaptation pour mieux gérer leur condition au fil du temps. Et l’experte d’ajouter : « La fatigue oculaire n’a aucun impact sur le daltonisme, mais la luminosité ambiante peut légèrement influencer la distinction des contrastes ».

Bon à savoir : le daltonisme dit séquellaire (qui survient suite à une neuropathie optique ou à une maculopathie acquise) peut évoluer et s’aggraver au fil du temps. Dans ce cas, on s’intéresse aux origines du daltonisme pour mieux le prendre en charge, souligne l’experte.

Les personnes daltoniennes ne sont pas plus exposées aux troubles ORL !

Non, les personnes daltoniennes n’ont pas plus de chances de développer un trouble de la vision comme l’astigmatisme, l’hypermétropie ou la myopie, répondent les expertes.

Protanopie, protanomalie, deutéranopie, deutéranomalie, tritanopie… Plusieurs « visions » du daltonisme

Le daltonisme touche environ 8 % d’hommes et 0,45 % de femmes. Cela dit, il existe différents « types » de daltonisme, ou plutôt différents degrés d’atteinte.

On distingue trois types de trichromatisme anormal (lorsque les personnes ont bien trois types de cônes, mais que l’un d’entre eux dysfonctionne) ;

  • la protanomalie, caractérisée par une atteinte partielle des cônes L rouges, sensibles aux longueurs d’onde longues ;
  • la deutéranomalie, caractérisée par une atteinte partielle des cônes M verts, sensibles aux longueurs d’onde moyennes ;
  • la tritanomalie, caractérisée par une atteinte partielle des cônes S bleus, sensibles aux courtes longueurs d’onde.

On distingue trois types de dichromatisme (lorsque les personnes ont seulement deux types de cônes qui fonctionnent) :

  • la protanopie, caractérisée par l’absence ou l’atteinte totale des cônes L rouges, sensibles aux longueurs d’onde longues ;
  • la deutéranopie, caractérisée par l’absence ou l’atteinte totale des cônes M verts, sensibles aux longueurs d’onde moyennes ;
  • la tritanopie, caractérisée par l’absence ou l’atteinte totale des cônes S bleus, sensibles aux courtes longueurs d’onde.

Dans certains cas, un seul type de cône fonctionne : on parle de monochromatisme. Et bien plus rarement, aucun des cônes ne fonctionne, ce qui empêche totalement la perception des couleurs : on parle d’achromatisme.

Il est important de savoir rapidement quels cônes sont touchés, pour pouvoir orienter rapidement les enfants vers des prises en charge spécifiques pour palier leur dyschromatopsie. Cela dit, certaines personnes sont touchées très lourdement et d’autres très légèrement, au point qu’elles ne savent même pas qu’elles sont daltoniennes. Dre Stéphanie Zwillinger, chirurgienne ophtalmologiste. 

Au final, quelles couleurs voit-on quand on est daltonien ou daltonienne ?

Vous l’aurez compris, la manière dont les personnes daltoniennes perçoivent les couleurs dépend du type de cônes concernés et de la gravité de l’atteinte.

  • Les personnes atteintes de protanopie voient le monde dans une gamme de couleurs restreinte, principalement composée de bleu, de vert et de jaune. Les rouges sont perçus comme des teintes de gris foncé ou de noir. Les verts peuvent sembler plus pâles ou paraître comme des tons de gris clair. Les jaunes peuvent sembler très similaires aux blancs ou aux gris clairs.
  • Les personnes atteintes de protanomalie ont une sensibilité réduite aux longueurs d’onde de couleur rouge. Elles confondent souvent le vert et le rouge : les couleurs rouges peuvent sembler plus pâles ou moins vibrantes, et les nuances de vert peuvent être difficiles à distinguer des rouges. Certains tons de violet peuvent également sembler similaires aux bleus, et certains tons de brun peuvent sembler similaires aux verts.
  • Les personnes atteintes de deutéranopie ont des difficultés à distinguer le rouge du vert. Les verts peuvent être perçus comme des nuances de beige ou de gris. Les rouges, eux, peuvent être perçus comme des teintes de brun ou de gris.
  • Les personnes atteintes de deutéranomalie ont une sensibilité réduite aux longueurs d’onde de couleur verte. Elles confondent souvent le vert et le rouge : les verts peuvent sembler moins vibrants ou paraître plus jaunâtres, et les rouges peuvent sembler plus foncés ou plus bruns. Certaines nuances de brun peuvent sembler similaires aux verts, et certaines nuances de rouge peuvent sembler similaires aux bruns.
  • Les personnes atteintes de tritanopie ont des difficultés à distinguer le bleu du vert et du jaune. Les bleus peuvent sembler être des teintes de vert ou de gris. Les jaunes peuvent sembler être des teintes de rose ou de gris. Les couleurs vives et saturées peuvent sembler ternes ou désaturées.
  • Les personnes atteintes de tritanomalie ont une sensibilité réduite aux longueurs d’onde de couleur bleue. Elles confondent souvent le bleu et le vert, ainsi que certaines nuances de jaune. Les bleus peuvent sembler moins vibrants ou paraître plus verts, et les jaunes peuvent sembler moins intenses ou paraître plus pâles. Les nuances de violet peuvent sembler similaires aux bleus, et les nuances de vert peuvent sembler similaires aux bleus ou aux jaunes.

Cela peut entraîner de nombreuses difficultés dans la vie quotidienne. Les personnes daltoniennes peuvent par exemple avoir du mal à interpréter las cartes routières ou les feux de signalisation, à choisir des vêtements assortis ou à identifier certaines nuances sur une œuvre d’art, par exemple.

Schéma : comment voient les daltoniens ?

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© lesyeuxdudaltonisme.fr

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Est-ce que certains daltoniens et daltoniennes voient vraiment en noir et blanc ?

Certaines personnes voient bel et bien le monde en noir et blanc en raison d’une condition médicale rare, l’achromatopsie. En effet, les hommes et les femmes souffrant d’achromatopsie sont totalement incapables de percevoir les couleurs – et ce en raison d’anomalies génétiques affecte les cônes responsables de la perception des couleurs. Mais entendons-nous bien, cette condition est extrêmement rare !

Témoignage vidéo : “Je suis achromate”

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