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Un AVC a lieu toutes les 4 minutes en France. Pour la victime et ses proches, c’est un véritable coup de tonnerre dans un ciel serein. Les signes se manifestent brutalement, sans préavis, et en un instant, tout peut basculer. L’AVC est une urgence absolue, parce qu’il prive d’oxygène, asphyxie toute une région du cerveau.

C’est la première cause de mortalité chez la femme et la troisième chez l’homme. Il est la première cause de handicap acquis de l’adulte et la deuxième cause de démence après la maladie d’Alzheimer. « Lors d’un AVC, le temps, c’est du cerveau », martèle la Dre Laura Mechtouff, neurologue. Avec justesse, puisque 2 millions de neurones sont détruits chaque minute (sur les 86 milliards que contiendrait, en moyenne, notre cerveau)… D’où la nécessité de savoir reconnaître les signes, pour appeler le 15 sans perdre un instant, puis d’être pris en charge dans un centre spécialisé, une unité neuro-vasculaire, pour multiplier ses chances de guérison.

Chaque région du cerveau contrôle ses fonctions

Le cerveau est divisé en deux hémisphères, le droit et le gauche, reliés par des fibres. L’hémisphère droit contrôle le côté gauche du corps, et inversement. Concrètement, cela signifie que si l’hémisphère droit est abîmé par un AVC, le patient pourra présenter une hémiplégie (paralysie) de sa jambe ou de son bras gauche. Ces hémisphères sont séparés en plusieurs lobes, symétriques : chacun d’entre eux se trouve en double exemplaire, à droite et à gauche.

Mais certaines fonctions sont présentes de façon prédominante dans l’un des deux hémisphères. « L’attention visuospatiale, c’est par exemple la spécialité de l’hémisphère droit. Les personnes avec des lésions à cet endroit peuvent ignorer l’espace situé à leur gauche : se cogner parce qu’elles n’ont pas vu quelque chose à gauche, ne pas entendre un son venu de leur gauche, ou manger uniquement ce qui se trouve dans la partie droite de l’assiette, illustre le Dr Paolo Bartolomeo, neurologue. Le langage, lui, est plutôt contrôlé par l’hémisphère gauche. » Chaque région du cerveau contrôlant des fonctions en particulier, il est possible de prédire les séquelles d’un accident vasculaire cérébral.

Dis-moi où a lieu ton AVC, et je te dirai ce dont tu souffres

Le lobe frontal : les séquelles dans cette région peuvent entraîner une hémiplégie, des changements de comportement, des difficultés à se concentrer, des troubles de la parole et de l’écriture.

Le lobe pariétal : des lésions à cet endroit diminuent la sensibilité de la partie opposée du corps. « Quand l’hémisphère droit est touché, le patient peut ignorer l’espace situé sur sa gauche (c’est l’héminégligence) », explique le Dr Bartolomeo. Il peut en plus ne pas s’apercevoir de ses troubles : il est alors anosognosique.

Le lobe temporal : la compréhension de la parole (quand cela touche l’hémisphère gauche) et la mémoire peuvent être affectées.

Le lobe occipital : joue un rôle essentiel dans la vue, le patient peut devenir incapable d’identifier ce qu’il voit.

Le tronc cérébral : un AVC à cet endroit peut provoquer de gravissimes troubles de la respiration ou des troubles de la déglutition, entre autres.

Le cervelet : c’est l’endroit clé de l’équilibre. Un AVC du cervelet peut donner l’impression que le patient est ivre, tant il a des difficultés à marcher droit.

Peut-on récupérer plus vite d’un AVC en écoutant de la musique ?

À cette question, le Dr Paolo Bartolomeo répond : « oui, sans doute. Nous avons des données récentes qui suggèrent qu’écouter de la musique 2 heures par jour pendant deux semaines pourrait aider les deux hémisphères à se reconnecter, reconstruisant ainsi les réseaux nécessaires à la parole. La musique a cette capacité d’activer plusieurs zones du cerveau d’une manière coordonnée. Si ces premiers résultats se confirment, ce serait une excellente nouvelle pour les patients aphasiques. »

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