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Définition : qu’est-ce que l’automédication ?

L’automédication, c’est tout simplement le fait de prendre un ou plusieurs médicament(s) sans prescription médicale ni même l’avis d’un pharmacien. Elle peut correspondre au fait :

  • d’acheter un médicament disponible sans ordonnance en pharmacie ;
  • ou bien de prendre un ancien médicament dans sa trousse à pharmacie.

Généralement, l’automédication peut aussi être employée pour des symptômes bénins ou des maladies banales qui apparaissent occasionnellement comme un rhume, une gastro-entérite, une angine, un bouton de fièvre…

Le paracétamol (antalgique et antipyrétique) et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme l’ibuprofène sont les médicaments les plus utilisés en automédication. Attention, mieux vaut préférer le paracétamol en cas d’infection (sauf contre-indication). L’ibuprofène peut être employé en cas de douleurs comme les maux de tête, les douleurs de règles ou articulaires…

L’automédication est possible pour traiter les petits bobos du quotidien, les symptômes d’une infection virale comme un rhume (écoulement nasal, toux, mal de tête, …), pour les personnes qui n’ont pas de maladies chroniques, qui ne sont pas à risque (personnes immunodéprimées, …) et ne prennent pas de traitements particuliers. Noura Marashi, docteure en pharmacie.  

Causes : pourquoi avoir recours à l’automédication ?

Lorsque des symptômes bénins sont particulièrement gênants, il peut être nécessaire de s’automédiquer (parfois en attendant de consulter pour obtenir un diagnostic précis et un traitement bien spécifique).

Ajoutons que l’automédication peut nous faire gagner un temps précieux lorsque nous connaissons l’origine de notre mal ou que nous avons déjà reçu un diagnostic. En effet, dans cette situation, nous savons exactement quel médicament peut nous soulager et à quelle dose.

Attention, si vous vous automédiquez, prévoyez une lecture attentive de la notice (pour la durée et la posologie). En outre, si vous avez une ancienne ordonnance pour un médicament, mieux vaut continuer à respecter les doses autrefois prescrites par le médecin. Prudence, les médicaments ont une date de péremption qui doit être respectée.

Automédication : avec quels médicaments est-ce possible ?

L’automédication est possible avec certains médicaments. Sont ainsi concernés :

  • Les médicaments disponibles en libre accès en pharmacie. Il s’agit notamment, de certains médicaments de médecine conventionnelle (comme l’aciclovir, l’alginate de sodium…), de la phytothérapie et de l’homéopathie. Ces produits sont inscrits sur une liste spécifique publiée par l’Agence nationald du médicament (ANSM). Ils permettent de soulager les symptômes de maladies bénignes dont le diagnostic peut être effectué sans le médecin. Ils ne doivent pas représenter des risques d’interactions médicamenteuses ou d’effets secondaires graves. Enfin, leur mode d’administration doit être facile (les médicaments injectables ne doivent pas être en libre accès par exemple).
  • Les médicaments à prescription facultative comme l’ibuprofène ou le paracétamol. Ces produits peuvent faire l’objet d’une ordonnance du médecin et donc d’une prise en charge par la sécurité sociale. Ils peuvent aussi être délivrés sans ordonnance en officine avec l’encadrement et les conseils du pharmacien.
  • Les médicaments prescrits pour un traitement antérieur et que nous trouvons dans notre trousse à pharmacie comme des antibiotiques par exemple.
  • Les compléments alimentaires accessibles en pharmacie et parapharmacie.

Ces médicaments pour lesquels je ne peux pas m’automédiquer ?

Il n’est pas possible de s’automédiquer avec des médicaments accessibles uniquement sur prescription d’un médecin, d’une sage-femme ou d’un chirurgien-dentiste. Il s’agit :

  • des médicaments sur liste I (avec un cadre rouge sur la boîte) qui ne peuvent être délivrés que pour la durée de traitement mentionnée sur l’ordonnance ;
  • des médicaments sur liste II (avec un cadre vert sur la boîte) qui peuvent être délivrés plusieurs fois à partir de la même ordonnance par le pharmacien pendant 12 mois, sauf indication contraire du prescripteur (lorsque ce dernier a écrit « non renouvelable » sur l’ordonnance). Le renouvellement à l’initiative du patient est regardé comme de l’automédication et ne donne pas droit à une prise en charge par la sécurité sociale. Le pharmacien doit s’assurer que ce renouvellement est sans danger. Soyez attentif (ve) à la validité de votre ordonnance.

Une autre liste existe également et regroupe les médicaments stupéfiants.

Quels sont les risques et les dangers de l’automédication ?

Le premier risque de l’automédication est une réaction allergique (surtout chez les patients qui ont des antécédents ou un terrain atopique) ou des effets indésirables gênants voire graves. À cet égard, il est important que les effets indésirables soient signalés auprès de l’ANSM.

Le second risque est l’erreur de diagnostic par le patient. La prise du médicament par automédication ne sera donc pas efficace pour traiter la véritable cause des symptômes. La maladie risque de continuer d’évoluer pendant que le médicament masque ses manifestations voire ses complications. Ajoutons que l’imprécision du diagnostic est tout aussi gênante car elle peut être à l’origine d’erreur dans la posologie ou dans la durée de la prise du médicament.

Enfin, il y a bien des situations qui peuvent entraîner un risque d’inefficacité voire de toxicité d’un médicament comme :

  • un médicament trop longtemps ou mal conservé dans une trousse à pharmacie ;
  • le non-respect de la posologie et des dosages. Par exemple, si le paracétamol est accessible sans ordonnance, à hautes doses (au-delà de 4 gr/jour), cette molécule peut être très toxique pour le foie ;
  • une interaction entre deux médicaments. Par exemple, les patients traités par un antidépresseur inhibiteur de la recapture de la sérotonine ne doivent pas associer de millepertuis (médicament de phytothérapie accessible sans ordonnance), étant donné le risque de survenue d’un syndrome sérotoninergique potentiellement grave, particulièrement chez les sujets âgés.

Pour toutes les personnes qui ont des traitements pour des maladies chroniques (hypertension artérielle, diabète, …) certains médicaments en vente libre pour l’automédication sont totalement incompatibles avec ces maladies et peuvent interagir avec les traitements. Ils risquent de déstabiliser le patient et sa pathologie, il est donc impératif de préciser l’ensemble des maladies et des traitements au pharmacien avant d’avoir recours à l’automédication. Noura Marashi. 

Automédication : comment s’y prendre en toute sécurité ?

Voici quelques conseils pour s’automédiquer en toute sécurité.

  • Si vous achetez un médicament en vente libre en pharmacie, demandez conseil à votre pharmacien.
  • N’ayez recours à l’automédication qu’en cas de symptômes bénins et non persistants ou de maladie ponctuelle déjà connue. Mieux vaut être certain du diagnostic.

Si les symptômes persistent au bout de 5 jours ou que des signes de complications se présentent (fièvre, douleurs intenses, vomissements, diarrhées, …), il est impératif de consulter un médecin ou de se présenter aux urgences, l’automédication ne suffit plus, il faut des traitements plus adaptés. Noura Marashi, . 

  • Évitez l’automédication pour les personnes fragiles comme les patients immunodéprimés et souffrant d’une maladie chronique, les femmes enceintes, les nourrissons/ enfants ou encore les personnes âgées ;
  • Prenez un médicament dès l’apparition des symptômes (n’attendez pas qu’une douleur s’installe par exemple) ;
  • Respectez la posologie et la durée indiquée sur la notice ;
  • Ne cumulez pas un médicament pris en automédication avec un autre traitement sans un avis médical ;
  • Si vos symptômes ne disparaissent pas malgré la prise du traitement, mieux vaut arrêter et consulter le médecin (surtout si les signes s’aggravent ou évoluent).

Attention, tout effet indésirable doit être signalé sur le site de l’ANSM, ou auprès de son pharmacien ou de son médecin traitant.

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