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C’est une mise en garde qu’ont adressée des chercheurs britanniques lors d’une conférence internationale sur les interactions hommes-machines. Des chercheurs du King’s College de Londres et de l’Universirty College de Londres ont fait part des résultats de leur nouvelle étude, portant sur la protection des données personnelles des applications conçues pour surveiller la santé des femmes.

Des risques inutiles en matière de confidentialité et de sécurité

Ils estiment que, du fait de leurs mauvaises pratiques, des applications de suivi du cycle menstruel sur smartphone telles que Clue, Flo ou encore My Cycle Period, exposent les utilisatrices à “des risques inutiles en matière de confidentialité et de sécurité”.

Concrètement, l’étude a révélé que dans de nombreux cas, les données des utilisateurs pourraient être soumises à l’accès des autorités chargées de l’application de la loi ou de la sécurité. On voit vite où pourrait être le problème, près de deux ans après que la Cour suprême des États-Unis a annulé l’arrêt Roe v. Wade, qui accordait depuis 1973 aux Américaines le droit d’avorter dans tous les États américains.

L’équipe de recherche rapporte que, sur les 20 applications analysées, une seule abordait explicitement la sensibilité des données menstruelles au regard des forces de l’ordre dans ses politiques de confidentialité, et s’efforçait de protéger les utilisateurs contre les menaces juridiques. Là où d’autres applications exigeaient que les utilisatrices indiquent si elles avaient déjà fait une fausse couche ou avorté. La suppression des données saisies était également très laborieuse sinon impossible.

La crainte de fuites de données plus que sensibles

Cette combinaison de mauvaises pratiques de gestion des données pourrait poser de graves risques pour la sécurité physique des utilisatrices dans les pays où l’avortement est un délit pénal”, avertissent les chercheurs, dans un communiqué (Source 1).

Les conséquences d’une fuite de données sensibles comme celle-ci pourraient entraîner une surveillance et une discrimination sur le lieu de travail, une discrimination en matière d’assurance maladie, des violences conjugales et un chantage criminel ; autant de risques qui se recoupent avec des formes d’oppression sexiste, en particulier dans des pays comme les États-Unis où l’avortement est illégal dans 14 États”, a averti le Dr Ruba Abu-Salma, du King’s College de Londres.

Les chercheurs rappellent ainsi que les données de santé saisies par les utilisatrices de ces applications de suivi menstruel ne sont pas des données anodines, mais bien des données très sensibles à considérer et protéger comme telles. Ils appellent donc les développeurs de ces applications à revoir leurs copies, tout en leur fournissant des ressources pour parvenir à mieux protéger les données personnelles des utilisateurs et utilisatrices de ces applications.

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