Alzheimer : un traitement expérimental donne de bons résultats pour freiner sa progression

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Dans le cas de la maladie d’Alzheimer, deux types de lésions sont en cause : les dépôts amyloïdes et les dégénérescences neurofibrillaires. Chacune de ces lésions est associée à une protéine : le peptide ß‑amyloïde pour les premiers, et la protéine tau pour les secondes.

Les chercheurs travaillant sur cette pathologie neurodégénérative sont encore divisés quant à savoir s’il s’agit de deux phénomènes distincts et associés, ou s’ils sont clairement liés et que l’accumulation de l’un engendre l’autre. Reste que ces deux protéines, la bêta-amyloïde et tau, sont les principales pistes pour tenter de trouver un moyen de guérir de cette maladie, sinon d’en ralentir la progression.

Un traitement qui cible la protéine bêta-amyloïde

Le géant pharmaceutique américain Lilly a annoncé ce mercredi 3 mai 2023 avoir obtenu des résultats très encourageants concernant le médicament donanemab, qui cible la bêta-amyloïde, responsable de plaques du même nom dans le cerveau des malades d’Alzheimer.

Dans un communiqué (Source 1), le laboratoire indique avoir terminé un essai clinique de phase 3, mené auprès de 1 182 patients Alzheimer.

Après un an de traitement, 47 % des participants traités par le donanemab n’ont montré aucune aggravation de la maladie, suggérant ainsi que la molécule ralentit sa progression. Ils n’étaient que 29 % dans ce cas-là dans le groupe placebo, ayant reçu un médicament qui n’en était pas un, puisque dépourvu de principe actif.

Les participants ayant reçu le donanemab ont également montré une réduction de 36 % du déclin cognitif, et une réduction de 40 % du déclin de leur capacité à réaliser certaines tâches du quotidien (conduire, converser, avoir des loisirs ou gérer ses finances). Les participants du groupe donanemab ont également vu leur risque de progression de la maladie vers le stade suivant se réduire de 39 % par rapport au groupe placebo.

Le laboratoire précise que ces mêmes tendances au ralentissement de la progression de la maladie ont été observées chez 552 personnes présentant un stade plus avancé, bien qu’il soit probable que ce nouveau médicament donne de meilleurs résultats lorsqu’il est pris aux premiers stades de la maladie.

De graves mais rares effets secondaires

Le hic, s’il fallait en trouver un, réside dans les graves effets secondaires pouvant survenir du fait de ce traitement médicamenteux. Les médicaments ciblant la bêta-amyloïde peuvent en effet engendrer une affection appelée “anomalies d’imagerie liées à l’amyloïde” (ARIA). On peut en distinguer deux grands types : celles occasionnant des zones de gonflement temporaire (œdème) dans le cerveau, et celles conduisant à des micro-hémorragies cérébrales. Dans l’ensemble du groupe de traitement par donanemab, un gonflement est survenu chez 24 % des participants. Des hémorragies sont survenues chez 31,4 % des participants du groupe donanemab et chez 13,6 % des participants du groupe placebo. Deux participants sont décédés des suites directes de ces anomalies. Le laboratoire Lilly se veut toutefois rassurant, précisant que “la majorité des cas d’ARIA étaient légers à modérés et résolus ou stabilisés avec une prise en charge appropriée”.

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