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En France, près d’un adulte sur trois souffrirait d’allergie aux pollens, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Et chaque année, la prise en charge médicale associée à la seule allergie au pollen d’ambroisie (médicaments et consultations) coûterait entre 59 millions et 186 millions d’euros (source 1). Pour cause ? Cette plante invasive, originaire d’Amérique du Nord, compte parmi les plus allergènes de l’Hexagone : 5 grains de pollen par mètre cube d’air suffisent à déclencher des symptômes !

Allergie au pollen d’ambroisie : quels symptômes doivent alerter ?

L’allergie au pollen d’ambroisie se traduit par des symptômes similaires à ceux de n’importe quelle autre allergie aux pollens d’arbres. Cependant, elle semblerait davantage invalidante avec des manifestations souvent plus intenses : 

  • nez qui coule ;
  • éternuements à répétition ;
  • démangeaisons au niveau du nez et du palais ;
  • sensation de sable dans les yeux ;
  • photophobie soit une hypersensibilité à la lumière ;
  • parfois œdème au niveau des paupières.

Comment reconnaître l’ambroisie à feuilles d’armoise ?

Il est possible de reconnaître l’ambroisie à feuilles d’armoise grâce à sa tige rougeâtre et poilue. Ses feuilles, vertes sur leurs deux faces, sont minces et très découpées. Enfin, ses petites fleurs se regroupent à l’extrémité de la tige pour former de longs épis verdâtres à jaunes. Lors de sa floraison, l’ambroisie à feuilles d’armoise se présente sous la forme d’un buisson pouvant mesurer jusqu’à quatre mètres de haut.

Quelle est la période de l’allergie à l’ambroisie ?

Si les allergies aux pollens d’arbres apparaissent au printemps, les symptômes de l’allergie à l’ambroisie se manifestent généralement à la fin de l’été. Ils peuvent même perdurer jusqu’à l’automne, car le pic de pollinisation a lieu entre mi-août et mi-septembre.  

À noter, l’ambroisie peut aussi provoquer des crises d’asthme et des atteintes cutanées (eczéma de contact). 

Où trouve-t-on de l’ambroisie à feuilles d’armoise en France ?

Sur l’Hexagone, l’espèce d’ambroisie la plus répandue est l’ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia L.). Cette plante invasive aurait été introduite accidentellement dans les années 1860 avec l’importation de semences de trèfle violet provenant des États-Unis. La vallée du Rhône a été la première concernée, puis sa propagation s’est accélérée dans les années 1960.

Aujourd’hui, les foyers principaux sont les vallées du Rhône et de la Loire mais aussi dans le Sud-Ouest, du Tarn-et-Garonne aux Charentes. Cette plante est dorénavant présente sur l’ensemble du territoire avec une variation de son niveau d’infestation. On distingue trois types de zone d’infestation :

  • les zones à forte infestation/implantation dont le Rhône, l’Isère, la Drôme mais aussi la Nièvre, le Cher, les Charentes et le Tarn-et-Garonne ;
  • les zones de “front”, situées à la limite de zones fortement infestées, telles que celles de l’Yonne, du nord de la Côte-d’Or ou de l’ouest du Gard ;
  • et les zones encore très peu ou pas concernées, comme la Bretagne, la Normandie et les Hauts-de-France.

Hausse des températures et de la pollution : quatre fois plus de pollen d’ambroisie d’ici 2050

L’expansion des plants d’ambroisie est favorisée par le réchauffement climatique. En 2015, une équipe de chercheurs du CNRS, du CEA, de l’Ineris et du RNSA ont modélisé l’expansion de l’ambroisie sur les dizaines d’années à venir. Leur étude, publiée en mai 2015 dans la revue Nature Climate, indique que les concentrations dans l’air de pollens d’ambroisie auront quadruplé d’ici 2050.

Le changement climatique expliquerait les deux-tiers de cette augmentation spectaculaire. En effet, la hausse des températures favorise l’implantation de l’ambroisie dans des régions où elle n’était pas présente auparavant. Elle se développe ainsi vers le nord et le nord-est de l’Europe.

Par ailleurs, l’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère induit une plus grande production de pollens. 

Enfin, l’étude conclut que les activités humaines sont responsables d’un tiers de l’augmentation des pollens dans l’air, les graines des nouveaux plants étant dispersées par le transport routier, les voies ferrées, les pratiques agricoles, le ruissellement des eaux, etc.

En vidéo : Pourquoi est-on allergique au pollen ?

Comment prévenir l’allergie à l’ambroisie d’août à septembre ?

 Pour limiter l’impact du pollen d’ambroisie, n’hésitez pas à adopter ces dix conseils au quotidien.

  • Bannissez les longues promenades en extérieur et préférez les sorties le matin ou le soir. 
  • Ne sortez pas les cheveux mouillés, les pollens aiment l’humidité.
  • Portez des lunettes de soleil et un chapeau.
  • Ne vous frottez pas les yeux.
  • Évitez d’ouvrir les fenêtres trop longtemps, que ce soit chez vous, en voiture ou au bureau. 
  • En rentrant chez vous, douchez-vous et lavez-vous les cheveux dès que possible. Objectif ? Ôter les éventuels pollens qui s’y seraient déposés.
  • Ne faites pas sécher votre linge en extérieur.
  • Évitez de tondre la pelouse en pleine journée. 
  • Et, bien sûr, limitez tout effort physique important, surtout en extérieur. ​​​​

Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) recommande d’éviter l’exposition aux autres substances irritantes ou allergisantes en intérieur (tabac, produits d’entretien, parfums d’intérieur, encens, etc).

Le masque est-il efficace contre la plante d’ambroisie ?

Les masques ne sont pas de véritables filtres aux pollens et offrent une protection toute relative contre les allergies. « S’ils portent le masque, les patients qui sont allergiques au pollen ont effectivement moins de symptômes, de rhinites ou même d’asthme », indique le professeur Frédéric de Blay, président de la Fédération française d’allergologie (FFAL), à Ouest France (source 2). 

Toutefois, les pollens sont susceptibles de se frayer un chemin par les ouvertures latérales des masques. En effet, lorsqu’il y a du vent, ils se disséminent à grande vitesse et peuvent facilement atteindre le nez et les muqueuses via les interstices du masque. Ils se déposent également sur les vêtements et les cheveux. Le port du masque ne règle donc pas complètement le problème. 

Quel traitement face à l’allergie à l’ambroisie ?

Si malgré ces précautions, vous souffrez d’éternuements, d’écoulements nasaux, etc, n’hésitez pas à consulter votre médecin. Les premiers traitements consistent à calmer l’inflammation à l’aide d’antihistaminiques qui viennent contrer la réaction du système immunitaire, voire de collyres ou de corticoïdes locaux. 

Un spray nasal à effet préventif ou curatif (si ce dernier contient des corticoïdes) peut également permettre de décongestionner le nez.

La désensibilisation, en exposant graduellement et régulièrement le système immunitaire au pollen d’ambroisie, peut aussi être envisagée au cas par cas.

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