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Quels sont les signes de la crise d’allergie au pollen ?

Que l’on soit enceinte ou pas, les symptômes de l’allergie au pollen sont les mêmes. Ils diffèrent seulement selon la pathologie. En cas de rhinite allergique ou rhume des foins, la femme enceinte aura le nez qui coule, souffrira d’éternuements à répétition, de sensation de démangeaisons dans le nez ou de nez qui pique.

Les manifestations de la conjonctivite allergique sont, elles : un larmoiement clair au niveau des deux yeux, une rougeur des yeux, un prurit situé au niveau de l’angle interne de l’œil. Elle est souvent associée à la rhinite allergique.

Plus grave, l’allergie au pollen peut entraîner un asthme. Ce dernier se caractérise par les symptômes suivants : une respiration sifflante, des difficultés à respirer, une sensation d’oppression au niveau du thorax, de la toux.

Si les symptômes de l’allergie au pollen sont les mêmes chez la femme enceinte que chez toute autre personne, le Dr Maxime Hosotte, allergologue à l’hôpital privé Nancy Lorraine, tient quand même à préciser que  :

La grossesse peut parfois augmenter l’intensité des symptômes. Cette exacerbation est en lien avec les hormones, notamment les œstrogènes, qui modifient la sensibilité des muqueuses.

Allergie au pollen : en parler dès le désir d’enfant

En cas d’allergie au pollen connue, « il est conseillé de faire le point avec son médecin traitant ou avec l’allergologuedès que la femme souhaite avoir un enfant, conseille le Dr Hosotte. Cela permettra, si besoin, d’adapter ou de modifier le traitement. »

En aucun cas, il ne faut décider seul d’arrêter un traitement contre l’allergie au pollen, notamment s’il s’agit d’asthme. « Effectivement, il est important que l’asthme soit stabilisé durant la grossesse car, dans le cas contraire, il peut avoir des répercussions, prévient l’allergologue. Non stabilisé, l’asthme chez la femme enceinte peut entraîner une menace d’accouchement prématuré, nécessiter le recours à une césarienne… »

Allergie au pollen et fatigue chez la femme enceinte

Souffrir de rhinite enceinte ou de conjonctivite allergique, est-ce que cela accroît la fatigue chez la future maman ? « Non, affirme l’allergologue, l’allergie au pollen n’engendre pas davantage de fatigue chez la femme enceinte, du moins pas plus que chez les patientes qui n’ont pas de grossesse en cours. »

La fatigue que peut ressentir une femme enceinte est due aux modifications hormonales, notamment à l’imprégnation par la progestérone qui donne envie de dormir, surtout au cours du premier trimestre de grossesse. Puis, en fin de grossesse la fatigue est due à la prise de poids, au ventre qui gonfle et aux difficultés à trouver une position confortable pour dormir avec un gros ventre.

Comment calmer les allergies au pollen enceinte ?

La prise de médicaments durant la grossesse inquiète souvent la future mère. Est-il possible de prendre des médicaments antihistaminiques ?

Avant tout, la femme enceinte doit adopter le réflexe d’avoir recours au lavage nasal et au mouchage. Elle doit également essayer de limiter le contact avec le pollen allergisant, ne pas dormir la fenêtre ouverte, aérer plutôt le soir, se brosser les cheveux en rentrant de promenade et ne pas faire sécher son linge dehors. Toutefois, ces mesures peuvent ne pas suffire.

Le centre de référence sur les agents tératogènes (CRAT) précise que “dans le traitement de l’allergie, les antihistaminiques H1 (anti-H1) suivants sont utilisables quel que soit le terme de la grossesse et en cours d’allaitement :

  • Cétirizine,
  • Desloratadine,
  • Fexofénadine,
  • Lévocétirizine,
  • Loratadine,
  • Azélastine. Pour ce dernier, seulement après 10 semaines d’aménorrhées et pendant l’allaitement.

Le spray nasal

« En première intention, chez la femme enceinte, on opte pour un traitement local par spray nasal à base de corticoïdes ou d’une association corticoïde et antihistaminique », précise l’allergologue. La raison ? « Le traitement local est privilégié car il ne passe pas, ou très peu, dans le sang et n’interfère pas sur le métabolisme du fœtus », rassure le médecin.

Le collyre antiallergique

La rhinite allergique peut s’accompagner d’une conjonctivite allergique : larmoiement, rougeur des yeux, prurit… Autant de symptômes dont la femme enceinte se passerait bien ! Et qu’elle peut traiter avec un collyre antiallergique. Voici ceux qui sont recommandés par le Centre de référence sur les agents tératogènes :

  • Épinastine,
  • Kétotifène,
  • Lévocabastine,
  • Olopatadine,
  • et Aélastine après 10 semaines d’aménorrhées et pendant l’allaitement.

L’antihistaminique oral

Dans un deuxième temps, si les symptômes ne régressent pas suffisamment avec le spray, on a recours aux antihistaminiques par voie orale. « La Desloratadine est la molécule préférentiellement utilisée car c’est celle pour laquelle on a le plus de recul, précise le médecin. La posologie est d’un comprimé par jour. »

La désensibilisation

« Si l’on ne commence pas une désensibilisation lorsque l’on est enceinte, en revanche, cette dernière peut tout à fait être poursuivie si elle a été démarrée avant la grossesse, précise le Dr Hosotte. Elle a même un effet protecteur chez le bébé plus tard. » En revanche, si la désensibilisation est poursuivie, les doses d’exposition aux allergènes ne sont pas augmentées.

En cas d’allaitement, le Centre de référence sur les agents tératogènes précise que “l’initiation ou la poursuite d’une désensibilisation est envisageable en cours d’allaitement.”

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