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Faire preuve d’empathie pourrait pousser à consommer davantage d’alcool que d’habitude. C’est du moins ce qui ressort d’une nouvelle étude scientifique, parue le 1er juin 2023 dans la revue spécialisée Alcohol : Clinical and Experimental Research (Source 1).

Menée par une équipe de recherche de Pensylvanie (États-Unis), celle-ci a en effet mis en évidence une hausse de la consommation de boissons alcoolisées chez les personnes qui rapportaient avoir ponctuellement ressenti plus d’empathie affective qu’à l’accoutumée. Et cette appétence pour l’alcool ne serait pas due aux changements d’états émotionnels résultant de cette plus grande empathie, précisent les chercheurs.

Deux types d’empathie étudiés

L’équipe a ici cherché à explorer comment deux facettes de l’empathie peuvent motiver la consommation d’alcool d’un individu. Elle a analysé l’empathie affective, qui se réfère à la capacité d’une personne à partager l’état émotionnel de son prochain, et l’empathie cognitive, qui correspond à la capacité de comprendre la perspective ou l’état émotionnel d’autrui. L’équipe a alors demandé à 492 adultes, ayant pour habitude de consommer de l’alcool, de répondre à des questions sur leur smartphone, à différents moments de la journée, de façon à mesurer les deux types d’empathie en réponse à des interactions sociales. Ils ont également dû annoter leurs émotions positives et négatives ressenties, et détailler leur consommation d’alcool.

En recoupant les données, les chercheurs ont ainsi constaté que les participants consommaient davantage d’alcool les jours où ils signalaient des niveaux d’empathie affective plus élevés que la moyenne. Les personnes faisant état de davantage d’émotions positives que les autres étaient par ailleurs moins susceptibles de boire de l’alcool un jour donné. En revanche, l’étude n’a pas mis en évidence d’association claire entre empathie cognitive et consommation d’alcool, suggérant que c’est l’empathie affective seule qui a une influence.

Si ces résultats vont à l’encontre d’études précédentes, qui montraient plutôt qu’une faible empathie générale était associée à une plus forte consommation d’alcool, les auteurs de l’étude restent prudents. Ils estiment que d’autres recherches devront venir confirmer leurs résultats, mais que ce sujet est à prendre à bras-le-corps pour mieux comprendre ce qui se joue dans la consommation d’alcool, et ainsi mieux la prendre en charge lorsque celle-ci devient chronique et pathologique.

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