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Quand faut-il pratiquer une échographie du testicule ?

L’échographie complète l’autopalpation du patient et l’examen clinique pratiqué par le médecin.

• En urgence

Une douleur, un gonflement et une rougeur du testicule nécessitent une échographie le plus rapidement possible. « Ce sont des signes d’alerte qui doivent amener, chez l’enfant et chez l’adulte, à consulter un médecin rapidement », explique la Pr Laurence Rocher, radiologue et membre du groupe de travail « organes génitaux » au sein du comité de cancérologie de l’Association française d’urologie. 

Ces symptômes peuvent révéler une infection du testicule (orchiépididymite). Il peut s’agir aussi, en particulier chez l’enfant et l’adulte jeune, d’une torsion du cordon spermatique. « Cette torsion est une urgence chirurgicale car il y a un risque de nécrose du testicule avec une perte définitive de sa fonction puisqu’il ne pourra plus fabriquer de spermatozoïdes » , rappelle la radiologue. Pour elle : « l’échographie peut aider à la prise en charge dans de nombreux cas où les signes cliniques ne sont pas évidents. »

• En dehors de toute urgence

L’échographie est justifiée dans certaines situations :

– Quand le testicule apparaît trop petit ou qu’il est anormalement gonflé sans forcément être douloureux (le symptôme peut révéler la présence d’eau ou hydrocèle). 

– Quand le patient exprime une gêne ou une sensation de pesanteur. Il peut s’agir d’une varicocèle (formation de varices sur les veines du testicule). « Une tumeur du testicule doit être également éliminée. Une masse extra-testiculaire palpée est le plus souvent bénigne (kyste…) et l’échographie le confirmera », explique la Pr Rocher.

– En cas d’infections à répétition, qu’elles soient d’origine urinaire ou testiculaire. 

– Dans le cadre d’un bilan d’infertilité, à la recherche d’une éventuelle malformation du testicule ou toute autre cause pouvant expliquer un problème de production de spermatozoïdes. «  Certaines malformations doivent faire rechercher une mutation génétique. Un conseil génétique avant une procréation médicalement assistée aidera la prise en charge du couple », précise la radiologue. 

Faut-il faire une échographie si le testicule n’est pas descendu ?

Les testicules du petit garçon doivent normalement descendre dans les bourses à une certaine étape de la vie foetale. Dans le cas contraire, on parle de cryptorchidie. Cette anomalie qui peut toucher un testicule ou les deux, est souvent découverte dans la petite enfance. Elle est de plus en plus fréquente « probablement en lien avec l’exposition pendant la grossesse à des perturbateurs endocriniens », explique la Pr Rocher. 

Néanmoins, le recours à l’échographie n’est pas systématique. « Si le médecin peut palper le testicule – même haut situé – l’échographie ne sert à rien. En revanche, si le testicule n’est pas repérable à la palpation, le chirurgien (pédiatre ou adulte) demandera souvent une échographie voire une IRM pour rechercher le testicule », estime la radiologue.

Une fois l’anomalie découverte, il est parfois nécessaire d’intervenir chirurgicalement pour remettre la glande en place. C’est important car la cryptorchidie est un facteur de risque d’infertilité et de cancer du testicule à l’âge adulte. « Les parents n’en sont pas toujours informés ou ils n’informent pas leur enfant devenu jeune adulte ; par ailleurs il n’y a pas de contrôle échographique systématique ni de proposition de préservation de la fécondité, ce qui peut être discutable », estime Laurence Rocher. 

Comment et où se passe une échographie testiculaire ?

L’examen ne nécessite aucune préparation. En cas d’urgence, l’échographie est réalisée à l’hôpital. « Si le patient a consulté au service d’accueil des urgences et qu’une échographie est demandée, il faut s’organiser pour qu’elle soit réalisée sans délai », souligne la radiologue. Pour un premier bilan d’infertilité, l’examen peut être pratiqué dans un centre de radiologie en ville. Mais pour les lésions dont la nature est difficile à évaluer (nodule de petite taille…),  il vaut mieux consulter dans un centre hospitalier spécialisé.  

À l’échographie, faut-il examiner 1 seul ou les 2 testicules ?

Lors de l’examen, le radiologue examine systématiquement les deux testicules pour vérifier chacun d’entre eux et les comparer. « Cette comparaison aide à apprécier la vascularisation du testicule, par exemple. Pour les tumeurs, le risque d’avoir une tumeur est plus important chez un patient qui a déjà été opéré d’une tumeur, surtout s’il y a des calcifications qu’on appelle microlithiase », rappelle la Pr Laurence Rocher. 

Que montre l’échographie du testicule ?

Le radiologue peut mesurer le volume du testicule, observer l’ensemble des structures (épididyme et canaux déférents), évaluer l’état des tissus (homogènes ou pas, présence d’un nodule qui n’a pas forcément été repéré à la palpation…). 

L’échographie couplée à un doppler permet également d’observer les flux sanguins dans les veines du testicule et de repérer des signes d’inflammation. Ainsi une hypervascularisation fait penser à une infection, une hypovascularisation à une torsion du cordon spermatique. 

L’échographie suffit-elle à détecter un cancer du testicule ?

« L’échographie permet le plus souvent de repérer une tumeur et d’affirmer la nature suspecte d’une masse dans le testicule », répond la radiologue. Mais l’examen ne suffit pas en soi à poser un diagnostic de cancer. Pour en savoir plus, il va falloir réaliser un dosage sanguin et d’autres examens d’imagerie. « Mais certaines tumeurs du testicule sont de petite taille et elles ne sont pas forcément malignes. Tous les nodules ne sont pas des tumeurs cancéreuses », rappelle la radiologue. 

Quand une lésion est suspecte ou incertaine, la recommandation est de pratiquer une ablation partielle ou totale du testicule (orchidectomie), en fonction de la taille de la tumeur, afin d’analyser ses cellules. « On ne pratique jamais de biopsie du testicule car il y a un risque théorique que d’éventuelles cellules cancéreuses essaiment le long du trajet », explique la radiologue.

Quand faire une échographie de contrôle ?

Dans certains cas, il est recommandé de refaire des échographies à intervalles réguliers pour vérifier l’état du testicule et son fonctionnement, notamment après une intervention chirurgicale (cure de  cryptorchidie, contrôle après torsion du cordon spermatique…). Là encore, l’examen complète l’autopalpation du patient et l’examen clinique du médecin. 

Pour la Pr Rocher, cette échographie de contrôle devrait être l’occasion d’évoquer l’avenir du patient et sa capacité à avoir des enfants à l’âge adulte. Or, le sujet n’est pas toujours abordé par le pédiatre, l’urologue ou le chirurgien. « Les jeunes et leur famille ne savent pas forcément qu’il est possible de préserver sa fécondité en effectuant un prélèvement de sperme par éjaculation, dès la fin de la puberté, afin de conserver un échantillon dans une banque de sperme », rappelle-t-elle. Cette mesure de précaution permettrait à ces adolescents ou jeunes adultes de préserver leur chance de fonder, plus tard, une famille. 

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