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Les injections anti-âge sont de plus en plus courantes et accessibles. Les femmes s’adressent souvent à un dermatologue ou à un médecin esthétique vers l’âge de 40 ans. Mais certaines n’attendent pas d’avoir passé la vingtaine… Quel est, donc, le bon timing ? On fait le point. 

Distinguer l’injection qui répare et celle qui transforme

Tous nos experts distinguent l’injection qui répare de celle qui transforme. « Prenons une femme qui a des lèvres très fines et qui veut faire des injections pour redonner un peu de glamour à sa bouche : on est dans la réparation objective d’un défaut, explique Cécilia Commo, psychothérapeute à l’Institut parisien de la silhouette. En revanche, il ne faut pas accepter des transformations radicales, comme une femme qui demanderait des pommettes à la slave, alors que cela ne correspond pas à sa physionomie. »

Même nuance du côté de notre dermatologue : « Je vais différencier les femmes qui viennent pour la correction d’un défaut objectif, de celles qui veulent des sourcils parfaits alors qu’elles n’en ont pas été dotées au départ. Notre rôle d’éducation au vieillissement est important », dit Anne Le Pillouer-Prost.

Une injection pour vous ou pour les autres ?

Il n’est pas question de dissuader les femmes de faire des injections. « Je crois au pouvoir de la réparation en esthétique. La demande peut être immature à 20 ans, mais pas à 40 ans, indique Cécilia Commo. Le travail du psy, quand il est consulté, est de faire passer ce message : “Vous ferez ce que vous voudrez, mais ayez conscience du pourquoi de votre demande“. L’acte sera bien vécu si la femme le fait pour elle, pas pour garder son mari. »

Peut-on vraiment rajeunir ?

Changer son visage n’est jamais anodin

Pour autant,faire des injections ne doit pas être banalisé, comme le souligne Claude Halmos, psychanalyste : « Une femme qui veut avoir recours à l’esthétique doit en parler longuement, réfléchir… et le faire si elle estime que la demande est légitime. Mais cette réponse doit arriver au bout d’un chemin nécessairement long. Pourquoi ? Car aujourd’hui, en esthétique, on fait croire aux gens que toucher à son corps, c’est anodin. Or, ce corps, il a une histoire et il n’est pas là par hasard. »

Pour la toxine botulique, l’intervention peut être précoce

« Dans le domaine de la correction, on peut être amené à faire des interventions précoces, explique le Dr Le Pillouer-Prost. Pour la toxine botulique, je vois certains cas dès 30 ans : quand des rides du front sont marquées, et quand la ride du lion apparaît tôt et qu’elle donne l’air sévère. Pour le cas du front, l’objectif n’est pas de le lisser totalement, mais d’atténuer les rides trop marquées. »

Pour des injections de comblement, les demandes les plus courantes sont pour les expressions d’amertume ou les sillons nasogéniens. « La plupart des demandes d’injections sont raisonnables, confirme le Dr Le Pillouer-Prost. Et souvent, il ne faut pas grand-chose pour que la patiente retrouve confiance en elle. »

Le médecin sait-il refuser une demande excessive ?

Il serait naïf de penser qu’aucune logique financière ne vient interférer dans la demande patient-médecin. Ce médecin a le devoir de ne pas pousser à la consommation. Il ne doit pas céder au “toujours plus”.

Si la patiente demande du botox pour des rides d’expression qui sont invisibles au repos, le médecin doit répondre qu’il est trop tôt, conclut le Dr Le Pillouer-Prost.

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