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La dermatite atopique, appelée eczéma, est une maladie chronique inflammatoire de la peau. Elle est caractérisée par une sècheresse cutanée associée à des lésions de type rougeurs et démangeaisons, vésicules, suintement et croûtes, qui évoluent par poussées.

D’après l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, cette maladie peut avoir un retentissement psychologique important, source de troubles du sommeil, d’irritabilité voire de syndrome dépressif. En cause, la génétique, mais pas que. La hausse de la prévalence des cas d’eczéma observée au cours des quarante dernières années signale que « des modifications de l’environnement jouent un rôle dans le phénomène, les causes génétiques ne pouvant expliquer une évolution aussi rapide », indique l’Inserm.

C’est en partant de ce principe que Ian Myles, un médecin-chercheur au National Institute of Allergy and Infectious Diseases, spécialisé en médecine interne et en allergie et immunologie, a orienté son travail. Il a essayé de déterminer quels produits chimiques pouvaient être à l’origine de l’augmentation du taux d’eczéma.

Deux produits chimiques incriminés

« Pour déterminer les changements environnementaux susceptibles d’avoir provoqué un pic d’eczéma aux États-Unis, nous avons commencé par rechercher les endroits où les taux d’eczéma étaient beaucoup plus élevés que la moyenne nationale. Nous avons ensuite consulté les bases de données de l’Agence américaine pour la protection de l’environnement afin de déterminer les produits chimiques les plus répandus dans ces régions », raconte-t-il dans The Conversation.

Deux classes de produits chimiques sont apparues clairement : les diisocyanates et le xylène. Les diisocyanates sont utilisés pour la production de spandex, de mousse non latex, de peinture et de polyuréthane. La partie chimiquement active des diisocyanates et des molécules de xylène se retrouve également dans la fumée de cigarette et dans les incendies de forêt. Depuis 1975, on les retrouve dans les composants des gaz d’échappement des automobiles. Des recherches ont montré que l’exposition de souris aux diisocyanates et au xylène peut directement provoquer de l’eczéma, des démangeaisons et des inflammations.

Le choix des matières

L’équipe dirigée par Ian Myles s’est ensuite tournée vers le microbiome cutané pour tenter de déterminer quelles toxines pourraient empêcher la production des lipides bénéfiques qui préviennent l’eczéma. « Nous avons constaté que l’exposition de ces bactéries aux diisocyanates ou au xylène les amenait à cesser de produire des lipides et à fabriquer à leur place des acides aminés tels que la lysine. » Cet acide aide à protéger les bactéries contre les effets néfastes des toxines, mais ne permet à pas à la peau de s’hydrater correctement.

Ils ont ensuite effectué des tests sur les draps et leur façon d’affecter les bactéries de la peau. « Nous avons constaté que les bactéries nocives telles que le staphylocoque doré proliféraient sur le nylon, l’élasthanne et le polyester, mais ne pouvaient pas survivre sur le coton ou le bambou », explique le chercheur.

Limiter les exposants

Quelle solution pour venir à bout des troubles de l’eczéma ? Des détecteurs pourraient aider les chercheurs à éliminer ces produits chimiques de l’environnement. En attendant, l’amélioration de l’équilibre microbien peut nécessiter d’éviter les produits qui limitent la croissance des bactéries saines de la peau. Il peut s’agir de certains produits de soins de la peau, de détergents et de nettoyants. Pour les enfants de moins de 4 ans en particulier, il est conseillé d’éviter la fumée de cigarette, les tissus synthétiques, les mousses sans latex, les polyuréthanes et certaines peintures.

Les chercheurs étudient également d’autres traitements potentiels pour l’eczéma. « Je pense que cela pourrait un jour nous permettre de revenir à une époque où ces maladies étaient rares », conclut Ian Myles. 

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