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Les pompiers s’exposent aux feux… et aux polluants éternels. Si ces substances chimiques sont largement présentes dans notre environnement et dans nos corps, les pompiers semblent y être particulièrement exposés. Et pour cause : des polluants éternels sont présents dans les retardateurs de flammes, les mousses anti-incendie ou encore dans les imperméabilisants de leurs tenues.

Pour déterminer à quel point les pompiers sont contaminés, les organisations syndicales professionnelles et les Écologistes ont mené des tests le 16 mai 2024, à l’occasion d’un rassemblement qui avait pour but de « dénoncer des conditions de travail toujours plus pénibles et exiger une hausse de la prime de feu en reconnaissance des problèmes de santé liés à leur profession », explique le syndicat UNSA-SDIS dans un communiqué de presse (source 1).

Des PFAS interdits présents dans les cheveux des pompiers

Des mèches de cheveux de 19 pompiers travaillant aux quatre coins de la France ont été envoyées dans un laboratoire spécialisé pour détecter la présence de 12 polluants éternels, ou PFAS. Le verdict est sans appel : « 100 % des pompiers testés sont exposés aux PFAS », révèle le communiqué. Un de ces polluants éternels, le PFOA, « interdit depuis 2020 et classé comme « cancérogène pour les humains » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) est présent chez tous les pompier·es testés », précise le syndicat professionnel. Un autre polluant éternel interdit, le PFOS, lui classé « peut-être cancérogène pour l’Homme », était présent dans les cheveux de 11 pompiers sur les 19 testés. Aussi, pour un tiers des pompiers, au moins 4 PFAS ont été détectés. « Certains pompier·es présentent des taux de PFAS particulièrement alarmants qui nécessiteraient une analyse plus approfondie de la part des autorités compétentes », alerte le syndicat.

Ces nouveaux tests dans les cheveux des pompier·es pointent une double urgence : légiférer sur les PFAS et prendre des mesures pour préserver la santé des pompiers. Ces tests démontrent que la norme actuelle expose beaucoup plus leur santé à des risques que les autres Françaises et Français. C’est inacceptable. Syndicat UNSA-SDIS.

Un enjeu de santé publique, et politique

Pour protéger les pompiers des risques liés à cette exposition aux PFAS, les organisations syndicales ont demandé au gouvernement des mesures, notamment :

  • « une campagne massive de test PFAS » chez les pompiers,
  • « une campagne d’information pour sensibiliser sur les risques liés aux PFAS » pour les pompiers,
  • et enfin « un suivi médical et la recherche de solutions pour limiter l’exposition des pompier·es aux PFAS ».

Une proposition de loi visant à réduire l’exposition de la population aux polluants éternels, adoptée à l’Assemblée nationale en avril 2024, sera présentée au Sénat le 30 mai prochain. L’interdiction des mousses anti-incendie qui contiennent des PFAS sera notamment proposée par des sénateurs écologistes.

Un métier aux nombreux risques pour la santé

L’exposition aux PFAS, démontrée chez les pompiers par ces tests, peut impacter la santé. « Les travaux scientifiques sur certains PFAS connus montrent qu’ils peuvent avoir des effets délétères pour l’être humain : augmentation du taux de cholestérol, cancers, effets sur la fertilité et le développement du fœtus, sur le foie, sur les reins, etc. Ils sont également suspectés d’interférer avec le système endocrinien (thyroïde) et immunitaire », d’après l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) (source 2).

Déjà, avant les résultats de ces tests, une enquête de l’émission Vert de Rage, rendue publique en 2023, avait démontré que les substances des retardateurs de flammes, reconnus comme perturbateurs endocriniens et même certains classés cancérigènes, étaient présentes dans le corps de pompiers.

Aussi, l’exposition professionnelle des pompiers avait été reconnue comme « cancérigène pour l’homme » par le CIRC en 2022 (source 3). Il a d’ailleurs été démontré que plusieurs cancers sont sur-représentés chez les pompiers, comme le cancer de la vessie ou encore du mésothéliome (qui touche les tissus qui recouvrent la majorité des organes internes du corps). Un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (source 4) avait également révélé un risque accru pour le cancer du testicule, de la prostate ou encore pour le lymphome non hogkinien.

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